Accor accélère sa restructuration

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ACCOR ACCÉLÈRE SA TRANSFORMATION
ACCOR ACCÉLÈRE SA TRANSFORMATION

par Noëlle Mennella

PARIS (Reuters) - Accor veut accélérer la restructuration de ses hôtels et réaliser 100 millions d'euros d'économies entre 2013 et 2014 pour limiter l'impact de l'augmentation de ses coûts en Europe, qui a été essentiellement compensée l'an dernier par des hausses de prix.

Le quatrième groupe hôtelier mondial mène une stratégie dite "asset light", visant à réduire progressivement la part de ses hôtels en location et en propriété, afin de développer la part des franchises et des contrats de gestion, qui mobilisent moins de capitaux.

Il compte passer à la vitesse supérieure d'ici à 2016 en restructurant 800 hôtels, ce qui aura un impact négatif de 2 milliards d'euros sur son chiffre d'affaires mais réduira d'autant sa dette nette retraitée.

En outre, Accor prévoit un plan d'économies de 100 millions d'euros sur deux ans afin d'alléger ses coûts de fonctionnement et faire face à la récession qui s'installe en Europe du Sud, a expliqué le PDG, Denis Hennequin, lors d'une réunion d'information.

Au final, à l'horizon 2016, Accor prévoit que sa marge sur résultat d'exploitation devrait être améliorée à plus de 15% avec un ROCE supérieur à 18%.

Dans le même temps, ses investissements de développement passeront d'une enveloppe annuelle de 250 millions d'euros en 2012 à un budget compris entre 100 et 150 millions d'euros par ans d'ici à 2016 dédiés essentiellement aux hôtels économiques des villes mondiales considérées comme stratégiques.

Vers 11h35, l'action Accor cédait 3,1% à 28,17 euros, ramenant sa capitalisation boursière à 6,4 milliards d'euros.

Au regard du plan annoncé à l'horizon 2016 et des économies projetées, l'objectif de marge est peu ambitieux, juge un analyste sous couvert d'anonymat.

Un autre expert estime que le recul boursier résulte de prises de bénéfice sur un titre qui a progressé 36,3% en 2012 et de près de 5% depuis le début 2013.

DÉBUT 2013 DANS LA LIGNÉE DE 2012

En 2012, Accor, qui se classe derrière InterContinental, Marriott, Hilton et Starwood, a pu compter sur une activité toujours soutenue dans les pays émergents alors qu'il a souffert en Europe du Sud, frappée par la crise économique.

Denis Hennequin a pointé les bonnes performances du groupe en Amérique latine, Brésil en tête, tout en observant qu'il ne constatait ni amélioration ni de nouvelle dégradation, de la situation en Europe du Sud.

Il a précisé qu'à horizon 2017, l'objectif d'Accor était de générer 50% de son résultat d'exploitation dans les pays émergents contre 15% à fin 2011.

Le début 2013 est en ligne avec la fin de l'année dernière malgré "un petit ralentissement en Asie Pacifique, une zone qui reste néanmoins positive", a de son côté indiqué la directrice financière, Sophie Stabile.

Accor ne publiera de prévisions pour 2013 qu'au mois d'août.

Au total, le propriétaire des enseignes Ibis, Novotel et Sofitel, a réalisé l'an dernier un résultat d'exploitation de 526 millions d'euros (+3% en données comparables) dans le haut de la fourchette de 510 à 530 millions d'euros qu'il avait fixé.

En revanche, son résultat net part du groupe, en perte de 599 millions d'euros, porte la marque des dépréciations consécutives à la cession de sa filiale américaine Motel 6 au groupe Blackstone.

Néanmoins, au titre de l'exercice passé Accor, redistribuera aux actionnaires un dividende de 0,76 euro par action en croissance de 17%.

Le groupe avait annoncé en janvier une hausse de 2,7% de son chiffre d'affaires 2012 à 5.649 millions d'euros.

Noëlle Mennella, édité par Jean-Michel Bélot

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