Accès à la propriété : les inégalités se creusent depuis 25 ans

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Alors que l’accès à la propriété se détériore depuis 1983 pour les ménages modestes, les propriétaires aisés sont de plus en plus nombreux. Et les donations et héritages creusent ces inégalités.

Pour un Français sur deux, l’accès à la propriété est une source de bien-être et de satisfaction. Un rêve immobilier qui n’est parfois pas si facile à réaliser et qui reflète encore bien des inégalités sociales. C’est en tout cas le constat qu’appelle une note publiée par la Direction d’études du Ministère des Affaires sociales (Drees). L’étude remarque que l’accès à la propriété des ménages modestes a considérablement chuté au cours de ces quarante dernières années, tandis que le taux de propriétaires parmi les foyers les plus aisés a grimpé. En vingt-cinq ans, l’écart s’est creusé: en 2013 ils ne sont plus que 16% parmi le premier quartile des 25-44 ans les plus modestes a être propriétaires, quand ce chiffre était de 34% en 1973. Pour le dernier quartile en revanche (les 25-44 ans les plus riches), ils sont passés de 43% de propriétaires à 66% durant la même période. Deux courbes inverses qui révèlent l’encrage des inégalités sociales dans l’accès à la propriété.

Alors comment expliquer une telle inégalité dans l’accès à la propriété? Outre des critères déterminants comme le niveau de revenus des ménages, leur capacité d’épargne mais aussi le climat macroéconomique et les politiques du logement qui ont conduit à une augmentation des prix de l’immobilier, il existe un autre facteur non négligeable: les dons et héritages reçus des familles.

Les dons et héritages déterminants pour les achats immobiliers

Recevoir un don favorise fortement l’acquisition. Tel est le second constat de l’étude qui démontre que bénéficier d’un don ou d’un héritage est associé à une probabilité plus forte d’acheter son premier logement. Cette chance d’accéder à la propriété grimpe de 15 points pour les 25-44 ans plus aisés et l’aide est d’autant plus précieuse pour les plus modestes où la réception d’un coup de pouce familial multiplie par trois la probabilité d’achat immobilier.

Cette aide familiale peut prendre plusieurs formes: un héritage, un prêt, une cession de droits à l’emprunt d’épargne logement, un paiement de loyer ou encore un logement mis à disposition les années qui précédent l’acquisition... de quoi encourager les ménages à se lancer. Si l’on considère l’ensemble de ces aides, ce sont en effet quatre premiers propriétaires sur dix qui déclarent avoir été aidés par leur famille au moment de leur achat. Il existe néanmois une proportion un peu plus importante de personnes aidées dans le dernier quartile plus aisé (41%) que dans le premier quartile moins favorisé (36%). Pour l’ensemble des propriétaires d’ailleurs, le taux d’accession à la propriété double lorsqu’il y a eu donation ou héritage.

Recevoir un don au moment de l’achat permet de surcroît, d’acquérir un logement plus coûteux, notamment pour les ménages plus modestes. Pour les deux premiers quartiles de niveau de vie, être aidé permet en moyenne d’acheter un logement 20% plus cher qu’en l’absence d’aide. Malgré la hausse des prix de l’immobilier, la part que le don représente dans le prix d’achat du logement est restée stable depuis les années 2000: en moyenne un cinquième du prix d’achat. Et plus les ménages sont aisés, plus le volume de valeur immobilière acheté est important: environ 128.000 euros pour le premier achat immobilier du premier quartile de la population et jusqu’à environ 200.000 euros pour le dernier.

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  • sibile il y a 8 mois

    le pourcentage de Français propriétaires n'a pas diminué