Accalmie en vue pour les prix des Bordeaux 2011

le
0
ACCALMIE EN VUE POUR LES PRIX DES BORDEAUX 2011
ACCALMIE EN VUE POUR LES PRIX DES BORDEAUX 2011

par Claude Canellas

BORDEAUX (Reuters) - La semaine des primeurs qui s'ouvre lundi dans le vignoble bordelais devrait marquer un retour vers des prix plus raisonnables en raison d'un millésime 2011 en retrait par rapport aux 2009 et 2010 d'exception.

Tradition bordelaise, chaque année à la même époque la campagne des primeurs permet aux importateurs, cavistes, distributeurs, restaurateurs et journalistes spécialisés de déguster le dernier millésime en cours d'élevage dans les chais.

C'est à partir de ces dégustations que sont fixés les prix entre mai et juin, les achats effectués étant livrés plus d'un an plus tard en bouteille.

Organisée par l'Union des grands crus de Bordeaux (UGCB) qui regroupe 130 châteaux parmi les plus prestigieux, la semaine des primeurs permet de fixer le ton du marché, l'ensemble du vignoble profitant de l'occasion pour organiser de nombreuses dégustations, y compris dans les appellations les plus modestes.

Le 2011, moins médiatisé que les années précédentes, risque de pâtir de la crise et de la comparaison avec 2009 et 2010.

"C'est un millésime de vigneron car il y a eu un climat chaotique et il a fallu être réactif dans son vignoble. Le 2011 est un classique bordelais, comparable à un 2006 ou un 2008, après deux années exceptionnelles", dit François Despagne, propriétaire du château Grand-Corbin-Despagne, grand cru classé de Saint-Emilion.

Alors que l'an dernier les prix des plus grands crus avaient battu des records, une accalmie est à prévoir.

"Après les millésimes 2009 et 2011 de grande qualité et des prix élevés, le 2011, qui est un bon millésime, devrait permettre de constater des baisses de prix significatives compte tenu de la crise", estime Allan Sichel, le président du Syndicat des négociants en vin de Bordeaux.

RETOUR DES ACHETEURS TRADITIONNELS ?

Pour Max de Lestapis, l'un des courtiers de la place, "la qualité du 2011 s'est aussi faite grâce à une sélection très sévère, ce qui fait qu'il y a moins de vin".

Il voit cependant dans les dernières informations en provenance du monde entier à la veille de la semaine des primeurs des raison d'espérer un retour à la normale.

"Il semble qu'on retrouvera des acheteurs traditionnels du Bordeaux, les Allemands, Hollandais, Belges et même Anglais, qui s'étaient un peu éloignés en raison du niveau des prix", dit-il.

Le courtier estime que ce 2011 a "une jolie enveloppe" et qu'"il est bien fait, fruité, précis et élégant, et permet dégustation et consommation plus rapides".

Pour Philibert Perrin, propriétaire de château Carbonnieux, grand cru classé de Graves en AOC Pessac-Léognan, "le rouge est très hétérogène et ça va lui donner une réputation moindre que les deux dernières années, mais on trouvera dans ce millésime d'excellents lots parfois bien meilleurs que d'autres".

Si le rouge est selon lui inférieur aux deux millésimes précédents, dans les blancs secs "il s'agit du meilleur millésime de ces dix dernières années".

Mais il craint que le rouge entraîne les blancs secs dans sa chute en termes de prix, "ce qui va être une erreur".

Avec 4.400 demandes d'inscription quatre jours avant l'ouverture de la semaine, le directeur de l'Union des grands crus classés Jean-Marc Guiraud estime que "ça s'annonce bien" et que dépasser une fois de plus les 4.000 visiteurs constitue une satisfaction pour un millésime moins médiatisé.

Edité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant