"Acal", la région dont personne ne voulait

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PHILIPPE RICHERT, PRÉTENDANT À LA CONQUÊTE DE LA RÉGION ALSACE-CHAMPAGNE-ARDENNE-LORRAINE
PHILIPPE RICHERT, PRÉTENDANT À LA CONQUÊTE DE LA RÉGION ALSACE-CHAMPAGNE-ARDENNE-LORRAINE

par Gilbert Reilhac

STRASBOURG (Reuters) - Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, la nouvelle région dont personne ne voulait, est un enjeu-clé pour la droite qui mise pour la conquérir sur son unique sortant Philippe Richert, gêné dans son entreprise par la poussée du Front national.

L’arithmétique électorale est favorable au président (Les Républicains) du conseil régional d'Alsace, même si deux des trois régions se sont donné un président de gauche depuis 2004.

L’accouchement au forceps de la nouvelle collectivité a toutefois laissé des cicatrices qui pèsent sur la campagne.

"En Champagne-Ardenne, ils se souviennent qu’on ne voulait pas d’eux", avouait Philippe Richert, début novembre.

L’ancien ministre des collectivités territoriales de Nicolas Sarkozy (2010-2012) avait porté en 2011 un projet de collectivité unique d’Alsace qu’une participation insuffisante au référendum organisé en 2013 avait envoyé aux oubliettes.

Le centriste avait tenté de rebondir en juin 2014 en proposant avec Jean-Pierre Masseret, son homologue socialiste de Lorraine, une fusion dans laquelle ils auraient vu du "sens".

Le Parlement a décidé de leur adjoindre Champagne-Ardenne, faute d’avoir trouvé pour celle-ci un autre prétendant.

Florian Philippot, vice-président du Front national et tête de liste dans la région, ironise sur les échecs de son adversaire de droite, qu’il devancerait ou suivrait de peu au premier tour, selon les sondages. L'Alsacien l’emporterait d’une courte tête au second tour.

LE FN VEUT REVENIR AUX ENTITÉS PASSÉES

"Philippe Richert a été incapable de défendre sa propre région. Je ne vois pas comment il fera, demain, pour défendre la grande région", dit-il à Reuters.

Le FN, s'il est porté au pouvoir, s'est engagé à revenir aux anciennes régions auxquelles seraient de surcroît retirées certaines prérogatives au profit des départements.

"Je ne suis pas président sortant, c’est un atout. Je ne peux pas être suspecté de vouloir favoriser un acteur plutôt qu’un autre", souligne Florian Philippot, parachuté en Moselle en 2012 où il n’a réussi à conquérir qu’un siège de conseiller municipal à Forbach, outre son mandat de député européen.

L’assertion est à peine démentie par sa volonté, au motif d’une meilleure centralité, de faire de Metz (Moselle) la capitale politique régionale, statut promis à Strasbourg.

Fort d’une présence régulière dans les médias, le bras droit de Marine Le Pen est en outre la seule des neuf têtes de liste familière aux électeurs des trois anciennes régions.

Philippe Richert le dit : s’il repart au combat, c’est pour relever deux défis, "réussir la réforme territoriale" et "conjurer la menace du Front national".

Aux électeurs qui craignent une perte des identités régionales, il insiste sur la menace que le FN ferait peser sur le droit local et des cultes concordataire, spécifiques à l’Alsace et à la Moselle.

LES ALSACIENS SATISFAITS DE LEUR RÉGION

Jean-Pierre Masseret, qui conduit une liste socialiste handicapée par l’absence du Front de gauche et des écologistes, veut faire la différence avec un argument: "Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine est la seule région où l’on peut comparer une politique de gauche à une politique de droite", dit-il.

Il souligne la meilleure qualité de vie supposée des Lorrains et des Champenois par rapport à celle des Alsaciens, grâce aux subventions plus importantes versées par leur conseil régional dans des domaines comme les transports.

Un sondage BVA révélait pourtant fin octobre que les Alsaciens étaient les Français les plus satisfaits de la gestion de leur région (54% contre 36% des Lorrains et 35% des habitants de Champagne-Ardenne).

Face aux incertitudes du second tour, Florian Philippot relaye les rumeurs d’une possible fusion des listes de droite et de gauche, voire d’un désistement de la liste Masseret si celle-ci arrivait troisième. Les intéressés démentent formellement.

Philippe Richert estime de son côté qu’une partie des électeurs de gauche voteraient pour lui au second tour en cas de victoire possible du FN.

Un calcul qui, conjugué à ses convictions, a pu le conforter dans son refus de garder Nadine Morano sur sa liste, après les propos de la députée européenne LR, dans une émission de télévision, sur la France "pays de race blanche".

Tête de liste en Moselle, l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy avait été évincée par l'ancien chef de l'Etat.

(Edité par Yves Clarisse et Sophie Louet)

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  • jean-648 le lundi 30 nov 2015 à 11:07

    C'est pas Philippot qui décide les régions, c'est un gouvernement.

  • pfimbel le lundi 30 nov 2015 à 10:39

    Alsacien, je me sens dépossédé de ma région L'Alsace. Pourquoi je ne voterai plus: je ne veux pas cautionner cette abomination socialo-jacobine. J'ai toujours voté par devoir: les politicard ont réussi à me dégôuter.

  • roux.g le lundi 30 nov 2015 à 10:38

    La baisse importante du nombre de tués sur les routes est directement liée aux radars. alors ils vous pourrissent peut-être la vie, mais ils sauvent peut-être aussi la vie de vos proches, de vos amis ... qui pourraient se tuer sur les routes ou être victimes d'automobilistes très content qu'il n'y ait plus de radar pour leur pourrir la vie. Vivre en société c'est accepter des règles qui permettent d'améliorer le quotidien, et, ici, la survie. Ce sont des compromis nécessaires.

  • V.BENACE le lundi 30 nov 2015 à 10:35

    Aux élections, je rayerai le nom de Philippe RICHERT et le remplacerai par celui de Nadine MORANO. Tant pis si mon bulletin est nul. Je n'accepte pas que l'on qualifie les propos de Nadine MORANO de nauséabonds, ainsi que l'a fait le maire de Mulhouse.

  • M1945416 le lundi 30 nov 2015 à 10:29

    50% de hausse de taxe habitation foncière en qqs années ça c'est notre réalité, sans parler des hausses d'impôts et de taxes , ça c'et des faits, et parlons pas des radars qui nous pourrissent la vie ,des ronds points et réhauseur à chaque coin de rue , comme si ça coutaient rien … ça c'est la réalité de nos politiques … que du vent

  • M1945416 le lundi 30 nov 2015 à 10:14

    et Richert qui retourne sa veste et se voit déjà nouveau roi de l'Acal … et on rajoute une couche de politiciens … pas belle la vie??

  • M2475850 le lundi 30 nov 2015 à 10:09

    L ACALAMITE ou est tu Nadine ? viens mettre de l'ordre

  • M4098497 le lundi 30 nov 2015 à 09:31

    Que fait un conseiller régional ? Ou peut-on lire la production de ses études ? Comment connaître les délibérations qu'il a votées ? Sa présence aux assemblées délibératives.....

  • M5285637 le lundi 30 nov 2015 à 09:26

    Un non-sens cette région avec des caractères très typés.Pourquoi avoir gardé Bretagne, Centre, Corse etc. L'Alsace se débrouille bien seule.

  • bernm le lundi 30 nov 2015 à 09:23

    Pourquoi ce titre au passé? Personne n'en veut de cette ACAL.