Abdeslam dit avoir voulu se faire exploser au Stade de France

le , mis à jour à 20:41
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    * Le suspect-clef des attentats du 13/11 inculpé en Belgique 
    * Détenu dans une prison à Bruges 
    * Conteste son extradition pressentie vers la France 
    * Interpol appelle ses membres à un vigilance accrue 
 
 (Actualisé avec François Molins, précisions) 
    par Marine Pennetier et Alastair Macdonald 
    PARIS/BRUXELLES, 19 mars (Reuters) - Salah Abdeslam, 
suspect-clef du commando des attentats du 13 novembre à Paris, a 
été inculpé samedi par la justice belge de "meurtres 
terroristes" à l'issue d'une audition au cours de laquelle il a 
indiqué avoir voulu se faire exploser au Stade de France et 
contesté son extradition pressentie vers la France. 
    Le Français de 26 ans a "affirmé devant les enquêteurs 
belges qu'il - je cite - voulait se faire exploser au Stade de 
France et qu'il avait fait - je cite encore - machine arrière", 
a déclaré le procureur de Paris François Molins lors d'une 
conférence de presse à Paris.  
    "Ces premières déclarations qu'il faut prendre avec 
précaution laissent en suspens toute une série s'interrogations 
sur lesquelles Salah Abdeslam devra s'expliquer, en particulier 
quant à sa présence dans le 18e arrondissement le 13 novembre au 
soir dès 22h", a-t-il ajouté.  
    Il devra également s'expliquer "sur les raisons qui l'ont 
conduit à finalement abandonner sa ceinture explosive à 
Montrouge" (Hauts-de-Seine).       
    Salah Abdeslam, arrêté avec des complices présumés vendredi 
à Molenbeek dans l'agglomération de Bruxelles par les forces de 
sécurité belges à l'issue d'une traque de quatre mois, a été 
incarcéré samedi soir dans une prison à Bruges.  
    Blessé par balle à la jambe lors de son interpellation, il 
avait été transféré en début de matinée de l'hôpital au siège de 
la police fédérale belge pour y être entendu par la police et un 
juge d'instruction. 
    A l'issue de cette audition, il a été inculpé de 
"participation à des meurtres terroristes et participation aux 
activités d'un groupe terroriste".  
    Amine Choukri, arrêté en même temps que lui vendredi à 
Bruxelles, a été inculpé des mêmes chefs d'accusation, précise 
le parquet fédéral belge dans un communiqué. Un troisième homme, 
Abid A., a été inculpé de "participation aux activités d'un 
groupe terroriste et recel de criminels".  
    La quatrième personne placée en garde à vue, Djemila M., a 
été inculpée de recel de criminels "mais pas privée de sa 
liberté". 
     
     DÉLAI DE TROIS MOIS   
    La prochaine comparution devant la chambre du conseil de 
Salah Abdeslam, dont la garde à vue a été prolongée de cinq 
jours, a été fixée à mercredi, selon son avocat Me Sven Mary.  
    Au cours de son audition, il s'est "vu notifier par un 
membre du parquet fédéral belge un mandat d'arrêt européen", a 
indiqué le procureur de Paris.  
    La décision définitive concernant son transfèrement en 
France doit intervenir dans un délai maximum de trois mois à 
compter de la date de son arrestation, a-t-il précisé.      
    Son avocat avait un peu plus tôt fait savoir qu'il entendait 
contester la demande d'extradition.  
    "Nous avons refusé la remise (de Salah Abdeslam) à la 
France", a dit Me Mary devant la presse à Bruxelles. "Je pense 
qu'il y a d'abord un dossier en Belgique qui est à gérer où il 
doit s'expliquer et la remise à la France pourra être suspendue 
en attendant le développement de l'enquête en Belgique". 
    Dès vendredi soir, François Hollande avait indiqué qu'une 
demande d'extradition serait rapidement formulée par la justice 
française. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a estimé 
pour sa part samedi, à l'issue d'un conseil de défense, que 
Saleh Abdeslam devrait "répondre de ses actes devant la justice 
française".      
    Pour le procureur de Paris, la remise de Salah Abdeslam à la 
justice française est une source "d'espoir particulièrement fort 
pour les proches des victimes" des attentats.  
    "C'est d'autant plus vrai que Salah Abdeslam est un 
acteur-clé", a souligné François Molins. "Il a eu un rôle 
central dans la constitution des commandos du 13 novembre, dans 
la préparation logistique des attentats et enfin en étant 
lui-même présent à Paris le soir des attentats". 
     
    INTERPOL APPELLE A UNE VIGILANCE ACCRUE 
    Les attentats de Paris et de Saint-Denis, revendiqués par 
l'Etat islamique, ont fait 130 morts et des centaines de 
blessés. Dans un communiqué diffusé après attentats, 
l'organisation djihadiste avait évoqué un attentat dans le 18e 
arrondissement de Paris. 
    "Les investigations devront donc s'attacher à déterminer sur 
ce point si une action kamikaze de Salah Abdeslam devait bien 
avoir lieu dans le 18e arrondissement", a indiqué François 
Molins.  
    A Bruxelles, l'avocate du frère de Salah Abdeslam, Mohamed 
Abdeslam, a exprimé le soulagement de la famille après 
l'arrestation du suspect-clef du commando.   
    "Il y a un sentiment de soulagement", a dit Me Nathalie 
Gallant dans une interview à la RTBF. "D'abord parce que Salah a 
été arrêté vivant, c'était une des espérances de la famille. 
Soulagement également parce que la chasse à l'homme a pris fin 
et qu'il faut se rendre compte que cette famille est sous 
pression non-stop depuis quatre mois".  
    Face au risque de fuite de complices de Salah Abdeslam, 
l'organisation internationale de coopération policière basée à 
Lyon, Interpol, a appelé samedi ses 190 Etats membres à faire 
preuve d'une vigilance accrue.   
    "Bien qu'il soit trop tôt pour spéculer sur la direction que 
l'enquête va prendre, toute personne liée à Abdeslam va 
s'inquiéter du fait que sa localisation puisse être révélée" et 
pourrait être tentée de prendre la fuite, souligne le secrétaire 
général d'Interpol, Jürgen Stock, dans un communiqué.  
     
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    LE POINT sur la capture de Salah Abdeslam:  ID:nL5N16R05Y  
 
 (Edité par Eric Faye) 
 
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