Abdeslam change de stratégie, il veut revenir en France

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    * Il est sous le coup d'un mandat européen émis par Paris 
    * Il incarne le lien entre les attentats de Paris et 
Bruxelles 
 
 (Avec détails, contexte) 
    BRUXELLES, 24 mars (Reuters) - Le djihadiste présumé Salah 
Abdeslam, arrêté à Bruxelles quatre jours avant les attentats 
qui ont fait au moins 31 morts mardi dans la capitale belge, 
veut désormais rentrer en France "le plus vite possible", a 
déclaré jeudi son avocat à la presse. 
    Samedi dernier, ce Français d'origine marocaine de 26 ans, 
soupçonné d'avoir été une cheville ouvrière des attentats du 13 
novembre dernier à Paris et Saint-Denis, avait fait savoir par 
son avocat qu'il refusait d'être remis aux autorités françaises. 
    "Je peux vous annoncer qu'on refusera l'extradition vers la 
France", avait alors dit Me Sven Mary. 
    Jeudi, après une audition en l'absence de Salah Abdeslam à 
la chambre du Conseil à Bruxelles, l'avocat s'est fait l'écho du 
revirement de son client, qui est incarcéré à Bruges: 
    "Il souhaite repartir en France le plus vite possible parce 
que je pense (...) qu'il veut s'expliquer en France. C'est une 
bonne chose", a dit l'avocat à la presse. 
    Il a précisé qu'il verrait la juge d'instruction chargée du 
dossier du djihadiste présumé pour qu'elle ne s'oppose pas à la 
remise de son client à la France. 
    Il a émis l'espoir que cette remise se fasse "dans les plus 
brefs délais" et estimé que c'était une "question de semaines". 
    Les autorités françaises ont émis un mandat d'arrêt européen 
à l'encontre du dernier rescapé présumé des attentats du 13 
novembre. 
    Cette procédure remplace, entre Etats de l'Union européenne, 
celle de l'extradition et impose des délais beaucoup plus brefs 
d'exécution : 60 jours à compter de l'arrestation de la personne 
visée ou 90 si celle-ci dépose un recours devant une juridiction 
suprême. Son refus éventuel d'être remis au pays émetteur ne 
peut faire obstacle à l'exécution de cette procédure. 
     
    UN LIEN PARIS-BRUXELLES 
    Salah Abdeslam "passera le 31 mars en audience pour exécuter 
le mandat d'arrêt européen", a précisé son avocat. 
    Une avocate des familles de victimes des attentats de Paris 
a estimé que le changement de stratégie du djhadiste était une 
bonne nouvelle mais qu'il n'avait de toute façon pas le choix. 
    "Il aurait tôt ou tard été remis aux autorités françaises", 
a déclaré Me Samia Maktouf à iTELE. "J'espère en tout cas que 
cela donnera un nouveau souffle pour les juges d'instruction en 
charge de cette affaire." 
    Le jeune homme est soupçonné d'avoir été en contact avec les 
auteurs des attentats qui ont fait au moins 31 morts et 300 
blessés mardi à l'aéroport de Zaventem et dans le métro de 
Bruxelles.  
    Les enquêteurs sont plus que jamais persuadés d'un lien 
entre les commandos qui ont tué 130 personnes le 13 novembre et 
ceux qui ont sévi dans la capitale belge.   
    Sven Mary a déclaré à Europe 1 que Salah Abdeslam avait reçu 
la visite d'enquêteurs belges ces dernières 48 heures et qu'il 
avait refusé de continuer à collaborer avec eux comme il avait 
commencé à le faire après son arrestation.  
    "Je pense qu'il voulait d'abord me voir", a expliqué 
l'avocat. "Je ne voudrais pas qu'il se referme .(...) S'il se 
refermait ça nous mettrait encore devant d'autres Zaventem et 
d'autres Bataclan et c'est peut-être ça que je veux éviter." 
    Mais plus tard, devant les journalistes qui l'attendaient à 
la sortie de l'audition devant la chambre du Conseil, il a 
refusé de confirmer le refus de son client de continuer à 
collaborer avec les enquêteurs belges. 
 
 (Bureau de Bruxelles avec Emmanuel Jarry à Paris, édité par 
Sophie Louet) 
 
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