Abdellah Taïa : " James peut être sans problème le héros d'un roman "

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Abdellah Taïa : " James peut être sans problème le héros d'un roman "
Abdellah Taïa : " James peut être sans problème le héros d'un roman "

Abdellah Taïa est un jeune écrivain marocain, désormais installé en France. Révélé lorsque le Prix de Flore fut attribué à son " Le jour du Roi " en 2010 , ses romans portent en effet un regard souvent amer sur son pays, sur l'exil - comme son dernier "Un pays pour mourir" - ou sur une homosexualité qu'il assume publiquement. Alors que le royaume chérifien regarde la CAN se dérouler sans elle et loin de ses stades, il nous livre quelques confessions d'un exilé aussi bien intime que géographique du ballon rond.

Quels souvenirs de football gardez-vous de votre enfance et de votre jeunesse à Salé, commune populaire jouxtant la capitale, Rabbat ? Dans mon enfance, au début des années 80, tout le monde autour de moi jouait au football. Presque tous les garçons. Même moi qui étais si peu doué et dont souvent on se moquait volontiers. J'étais un enfant efféminé et cela m'attirait pas mal d'ennuis. Mais, malgré cela, je voulais moi aussi m'y adonner, marquer des buts, me lancer dans des slaloms sophistiqués sur le terrain. J'ai même fait partie de l'équipe de mon quartier, le Bloc 14. Cela n'a pas duré longtemps : on m'a vite remplacé... Mes souvenirs footballistiques sont marqués de passions et d'humiliations. Je voulais faire partie de ce monde mais je n'étais pas fort. Et puis il y avait le héros du quartier : Hassan. Il était, lui, très très doué et tout le monde disait qu'on ferait bientôt appel à lui. On le voyait aller loin. Tout le quartier le poussait, priait pour lui. Y compris moi, bien sûr...
Selon vous, quelle place et quel rôle occupent le fooball au Maroc ? Le foot est de plus en plus aimé au Maroc. Il y a même aujourd'hui une passion folle - presque dangereuse - pour ce sport. Je pense qu'il est devenu plus qu'une religion. Les fins de matches, surtout à Casablanca, donnent souvent lieu à des manifestations, des perturbations qui, de mon point de vue, ont d'abord et avant tout un sens politique. C'est une façon d'exprimer, à travers cet amour fou et bordélique pour le foot, des idées de contestation, de ras le bol... Le Maroc devient de plus en plus un pays libéral qui laisse sur la touche - sans jeu de mot - beaucoup de monde...
De tous les clubs marocains, l'un d'entre eux a-t-il malgré tout gagné votre affection ? Celui de ma ville, Salé. C'est un club qui évoluait souvent en deuxième division. Il n'avait pas beaucoup de chance...
Et en France, une équipe de cœur ou de raison ? J'étais brièvement amoureux d'un garçon qui vénérait le PSG. J'ai partagé sa passion durant deux mois. Et depuis, je suis un fan du PSG. Malgré moi.
Quels sont les joueurs que vous trouvez le plus séduisant quel que soit le sens de cet adjectif ? Depuis...




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