Abdallah de Jordanie rend visite à Abbas à Ramallah

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 (Actualisé avec contenu des discussions) 
    par Ali Sawafta 
    RAMALLAH, Cisjordanie, 7 août (Reuters) - Le roi Abdallah de 
Jordanie a rendu visite lundi au président palestinien Mahmoud 
Abbas en Cisjordanie, une première depuis près de cinq ans, pour 
un entretien qui a porté sur les récentes tensions à Jérusalem 
et sur la situation plus globale de la région. 
    Les deux dirigeants se rencontrent régulièrement à Amman ou 
dans d'autres capitales de la région mais Abdallah ne s'était 
plus rendu à Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne, depuis 
décembre 2012. 
    Le souverain jordanien est arrivé en hélicoptère et sa 
visite s'est effectuée en coordination avec Israël, qui contrôle 
tous les points d'entrée et de sortie de Cisjordanie, y compris 
à la frontière longue de 150 km entre ce territoire palestinien 
et la Jordanie, ainsi que son espace aérien. 
    "Nous avons discuté de toutes les questions d'intérêt mutuel 
et nous sommes convenus de former une commission de crise qui 
poursuivra les contacts pour évaluer ce qui s'est passé, les 
leçons qui doivent être tirées et les défis que nous pourrions 
affronter à la mosquée Al Aksa", a dit le ministre palestinien 
des Affaires étrangères, Reyad al Maliki, à la presse après cet 
entretien. 
    Des violences entre Palestiniens et forces israéliennes ont 
éclaté mi-juillet après l'installation par Israël de portiques 
de détection, de caméras et de barrières métalliques pour les 
musulmans aux entrées du complexe de la mosquée Al Aksa à 
Jérusalem. Les autorités israéliennes avaient pris cette 
décision après la mort de deux policiers israéliens tués à 
l'arme blanche par des Arabes israéliens le 14 juillet. 
     
    UNE RELANCE DU PROCESSUS DE PAIX AUSSI ÉVOQUÉE 
    L'installation de ces détecteurs de métaux a suscité la 
colère des Palestiniens et débouché sur des affrontements à 
Jérusalem-Est et en Cisjordanie, deux territoires occupés par 
Israël. A la suite de discussions avec la Jordanie, qui a signé 
la paix avec Israël en 1994 et est chargée depuis les années 
1920 de l'administration des lieux saints musulmans à Jérusalem, 
l'Etat hébreu a levé ce dispositif de sécurité. 
    Le site où se trouve la mosquée Al Aksa dans la 
Vieille-Ville de Jérusalem est également saint pour les juifs, 
qui l'appellent le Mont du Temple. 
    Au-delà de cette actualité récente, le roi Abdallah et 
Mahmoud Abbas ont évoqué les tentatives américaines de relance 
des négociations de paix israélo-palestiniennes, suspendues 
depuis trois ans, a dit Reyad al Maliki. 
    Les deux dirigeants ont jugé qu'Israël devait "reconnaître 
le principe d'une solution à deux Etats et mettre fin aux 
activités provocatrices de colonisation destinées à empêcher la 
création d'un Etat palestinien viable et contigu", a ajouté le 
ministre palestinien. 
    L'émissaire du président américain Donald Trump pour le 
Proche-Orient, Jason Greenblatt, s'est rendu à plusieurs 
reprises cette année à Amman, Ramallah et Jérusalem pour tenter 
de définir les conditions d'une reprise des pourparlers de paix 
mais ses efforts n'ont pas suscité l'enthousiasme de ses 
interlocuteurs. Reyad al Maliki a dit que des émissaires 
américains étaient de nouveau attendus dans les prochains jours. 
    Le roi Abdallah et Mahmoud Abbas ont aussi discuté des 
divergences entre le Fatah, le parti du président palestinien, 
et le Hamas, mouvement islamiste contrôlant la bande de Gaza, a 
rapporté Reyad al Maliki. 
 
 (Avec Suleiman al-Khalidi à Amman et Nidal al-Mughrabi à Gaza; 
Bertrand Boucey pour le service français, édité par Henri-Pierre 
André) 
 
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