AbbVie suggère qu'il pourrait renoncer à racheter Shire

le
0

* AbbVie se demande s'il faut encore recommander l'achat * Le conseil d'AbbVie se réunit le 20 octobre * L'action Shire dévisse de 25% * Shire veut que le projet de fusion aille à son terme * L'opération, en partie motivée par des considérations fiscales (Actualisé avec cours de Bourse de Shire) par Paul Sandle et Sarah Young LONDRES, 15 octobre (Reuters) - Le laboratoire pharmaceutique américain AbbVie ABBV.N a laissé entendre mardi qu'il pourrait finalement renoncer à racheter Shire SHP.L à la lumière des modifications apportées le mois dernier par l'administration Obama à la législation fiscale, des déclarations qui font chuter le titre du groupe britannique. Vers 10h30 GMT, ce dernier s'effondrait de 25,58% à 38,425 livres, accusant de très loin la plus forte baisse de l'indice Stoxx 600 .STOXX . Ce plongeon n'empêche pas la valeur, qui avait été dopée par les approches d'AbbVie, d'afficher encore un gain de quelque 35% depuis le début de l'année. Sur cette période, l'indice regroupant les valeurs pharmaceutiques européennes .SXDP - dont Shire fait partie - est en hausse de 10,7%. Dans un communiqué publié mardi soir, AbbVie a dit se demander s'il était toujours opportun de recommander à ses actionnaires de voter en faveur du rachat de Shire maintenant que le Trésor américain a pris des mesures pour tenter d'empêcher les entreprises américaines de déplacer leur base fiscale en dehors des Etats-Unis. UNE CLAUSE DE RUPTURE DE $1,6 MILLIARD Après plusieurs tentatives repoussées par sa cible, AbbVie a annoncé le 18 juillet le rachat de Shire pour environ 32 milliards de livres (40,5 milliards d'euros), une opération notamment motivée par la possibilité de payer moins d'impôts grâce au mécanisme d'"inversion fiscale". ID:nL6N0PT2M0 Lors de la conclusion de ce projet d'acquisition, le groupe américain avait en effet dit prévoir la création une nouvelle structure dont le siège serait situé sur l'île anglo-normande de Jersey. Le taux effectif d'imposition de celle-ci serait de 13% contre environ 22% actuellement pour AbbVie aux Etats-Unis. Ce mécanisme dit d'inversion fiscale avait déjà été à l'origine de la tentative avortée de rachat d'AstraZeneca AZN.L , l'un des grands noms de la pharmacie britannique, par l'américain Pfizer PFE.N pour près de 70 milliards de livres. Dans la foulée de Shire, le titre AstraZeneca perdait 3,51% à 42,51 livres, inscrivant le repli le plus marqué de l'indice Stoxx 50 .STOXX50 . Soucieux de freiner cette tendance des entreprises américaines à vouloir se soustraire à l'impôt aux Etats-Unis, le département du Trésor a annoncé fin septembre une série de mesures, avec effet immédiat, compliquant la possibilité de déménager son siège social. ID:nL6N0RO10O Cela n'a pas empêché le groupe de technologies médicales américain Steris STE.N de lancer lundi une offre de rachat de 1,9 milliard de dollars (1,5 milliard d'euros) sur le prestataire britannique de services de stérilisation Synergy Health SYR.L , pour des motifs fiscaux. ID:nL6N0S8263 Avec le rachat de Shire, AbbVie voulait également réduire sa dépendance à l'Humira, un traitement de la polyarthrite rhumatoïde qui représente 60% du chiffre d'affaires du groupe et dont le brevet tombe dans le domaine public aux Etats-Unis en 2016. La société a précisé que son conseil se réunirait le 20 octobre pour dire s'il cessait de recommander le rachat de Shire ou s'il modifiait son avis. "A ce stade, le conseil d'AbbVie n'a ni retiré ni modifié sa recommandation faite aux actionnairs d'AbbVie", a précisé le laboratoire dans un communiqué publié mardi soir. Si jamais AbbVie se dédisait, il devrait verser à Shire une somme de quelque 1,6 milliard de dollars pour rupture d'accord. Réagissant aux déclarations du groupe américain, Shire a estimé mercredi qu'AbbVie devait aller jusqu'au bout de son projet de rachat. "Le conseil de Shire est d'avis qu'AbbVie devrait mettre en oeuvre l'offre recommandée (...) conformément à l'accord de coopération", ajoute le groupe britannique, qui produit entre autres des traitements de certaines maladies rares et de l'hyperactivité. Savvas Neophytou, analyste chez Panmure Gordon, note qu'il était du devoir de conseil d'AbbVie de prendre en considération des éléments susceptibles d'avoir un impact sur la création de valeur. "Au bout du compte, nous pensons que l'accord se fera", a-t-il déclaré. Shire ajoute de son côté qu'AbbVie ne lui avait pas transmis une analyse détaillée de ses hypothèses fiscales. (Kanika Sikka à Bangalore, Paul Sandle à Londres, Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Marc Joanny)


Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant