AbbVie se demande s'il doit recommander la fusion avec Shire

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APRÈS UNE MODIFICATION DE LA LÉGISLATION FISCALE, ABBVIE S'INTERROGE SUR LE RACHAT DE SHIRE
APRÈS UNE MODIFICATION DE LA LÉGISLATION FISCALE, ABBVIE S'INTERROGE SUR LE RACHAT DE SHIRE

(Reuters) - AbbVie se demande s'il doit bien recommander à ses actionnaires de voter en faveur du rachat du groupe britannique Shire à la lumière des modifications apportées le mois dernier par l'administration Obama à la législation fiscale, a annoncé le groupe pharmaceutique américain.

Après plusieurs tentatives repoussées par sa cible, AbbVie a annoncé le 18 juillet le rachat de Shire pour environ 32 milliards de livres (40,5 milliards d'euros), une opération notamment motivée par la possibilité de payer moins d'impôts grâce au mécanisme d'"inversion fiscale".

Lors de la conclusion de ce projet d'acquisition, le groupe américain avait en effet dit prévoir la création une nouvelle structure dont le siège sera situé sur l'île anglo-normande de Jersey.

Le taux effectif d'imposition de celle-ci sera de 13% contre environ 22% actuellement pour AbbVie aux Etats-Unis. Ce mécanisme dit d'inversion fiscale avait déjà été à l'origine de la tentative avortée de rachat d'AstraZeneca, l'un des grands noms de la pharmacie britannique, par l'américain Pfizer pour près de 70 milliards de livres.

Soucieux de freiner cette tendance des entreprises américaines à vouloir se soustraire à l'impôt aux Etats-Unis, le département du Trésor a annoncé fin septembre une série de mesures, avec effet immédiat, compliquant la possibilité de déménager son siège social.

Cela n'a pas empêché le groupe de technologies médicales américain Steris de lancer lundi une offre de rachat de 1,9 milliard de dollars (1,5 milliard d'euros) sur le prestataire britannique de services de stérilisation Synergy Health, au nom de raisons fiscales.

Avec le rachat de Shire, AbbVie voulait également réduire sa dépendance à l'Humira, un traitement de la polyarthrite rhumatoïde qui représente 60% du chiffre d'affaires du groupe.

La société a précisé que son conseil se réunirait le 20 octobre pour dire s'il cessait de recommander le rachat de Shire ou s'il modifiait son avis.

"A ce stade, le conseil d'AbbVie n'a ni retiré ni modifié sa recommandation faite aux actionnairs d'AbbVie", a précisé le laboratoire dans un communiqué publié mardi soir.

Réagissant aux déclarations du groupe américain, Shire a estimé mercredi qu'AbbVie devait aller jusqu'au bout de son projet de rachat.

"Le conseil de Shire est d'avis qu'AbbVie devrait mettre en oeuvre l'offre recommandée (...) conformément à l'accord de coopération", ajoute le groupe britannique, qui produit entre autres des traitements de certaines maladies rares et de l'hyperactivité.

En raison notamment de l'offre de rachat d'AbbVie, le titre Shire affiche une hausse de plus de 80% depuis le début de l'année.

(Kanika Sikka à Bangalore, Paul Sandle à Londres, Benoit Van Overstraeten pour le service français)

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