Abattoirs: les Français ne mangent pas moins de viande à cause des scandales

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VIDÉO - Les vidéos choquantes de souffrance animale dans les abattoirs se multiplient. Après les scandales alimentaires, les consommateurs modifient-ils pour autant leurs habitudes alimentaires? Le Figaro fait le point.

Après les scandales alimentaires, la souffrance animale. «Nous allons publier aujourd'hui tous les contrôles qui ont été fait dans les abattoirs et noter les problèmes rencontrés pour que tout soit transparent», a déclaré ce vendredi Stéphane Le Foll au micro de RTL. Après les contrôles du gouvernement, plusieurs abattoirs ont été suspendus ou arrêtés. L214, l'association anti-abattoirs qui a publié les vidéos chocs, veut mobiliser les consommateurs sur les conditions des animaux. Pourtant, les images et l'indignation ne modifient pas en profondeur nos habitudes alimentaires.

«Forcément, ces messages peuvent poser problème et il n'est pas imaginable de voir cela, note Marc Pagès, directeur général d'Interbev, l'interprofessionnel bétail et viande. Des actes ponctuels ne font pas varier la consommation de viande, et les vidéos ne vont pas faire que moins de Français mangeront de la viande ce weekend end». Si ces images ne vont pas faire chuter la consommation, elle peut entrainer un «phénomène d'usure ou d'érosion», qui, lui, est durable, explique-t-il. Un pourcentage d'amateurs de viande va être sensibilisé à ces causes, et peut décider de ne plus acheter de viande ou d'en baisser sa consommation. «Mais diminuer ne veut pas dire arrêter».

Les habitudes de consommation changent, et les scandales et opérations coup de poing n'y sont pas forcément pour grand-chose. «C'est un phénomène plus profond que le bien-être animal en France et en Europe, de changement de mode de vie», ajoute le directeur général. Des comportements différents qui ont entrainé une baisse continue de la consommation de viande depuis les années 1980. En 2015, la consommation annuelle moyenne par habitant atteignait 86,1 kilogramme équivalent carcasse - c'est-à-dire os et gras compris - contre 90,1 en 1980, selon les derniers chiffres de FranceAgriMer.

«Les évolutions de la société ont fait émerger de nouvelles attentes de la part des consommateurs. Des campagnes de communication relayées par des personnalités publiques ont promu une réduction de la consommation des viandes, explique l'établissement dans son rapport publié l'année dernière. La crise économique a réduit le pouvoir d'achat des ménages français, ils ont été contraints de faire des arbitrages dans leur budget».

À ces raisons s'ajoutent les recommandations et risques sanitaires, qui peuvent impacter fortement les habitudes des Français. «Dans ce cas, les variations peuvent être brutales, note Marc Pagès. Lors de la maladie de «la vache folle», il y avait une chute de 40 à 50% de la consommation de viande, parce que les gens s'inquiètent pour leur santé». Malgré tout, ces brusques variations restent «ponctuelles car diminuer la consommation ne veut pas dire arrêter, ajoute-t-il. Les consommateurs ont la mémoire courte»

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