A Washington, Netanyahu se dit en droit de "hausser la voix"

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(Avec autres déclarations) WASHINGTON, 2 mars (Reuters) - Au premier jour de sa visite à Washington, Benjamin Netanyahu s'est estimé lundi en droit d'exprimer haut et fort ses divergences avec l'administration Obama sur le dossier iranien, affirmant que l'accord en cours de négociation avec Téhéran menaçait l'existence même d'Israël. Le chef du gouvernement israélien, qui doit prononcer mardi devant le Congrès un discours qui menace de dégrader un peu plus ses relations avec Barack Obama, a dit craindre que les discussions entre l'Iran et le groupe P5+1 permettent in fine à la République islamique de posséder la bombe atomique, ce qu'Israël ne saurait tolérer selon lui. "En tant que Premier ministre d'Israël, j'ai l'obligation morale de hausser la voix face à ces dangers alors qu'il est encore temps de les éviter", a déclaré Benjamin Netanyahu devant une audience tout acquise, lors de la conférence annuelle de l'Aipac (Comité américain pour les affaires publiques israéliennes), puissant lobby pro-israélien à Washington. Dans le même temps, le Premier ministre israélien a cherché à minimiser les tensions entre Israël et son grand allié américain, assurant que leur alliance était "plus forte que jamais" et continuerait de se renforcer. Les commentaires faisant état d'une détérioration des liens bilatéraux sont "non seulement hâtifs, mais tout bonnement faux", a-t-il insisté. Les relations personnelles notoirement difficiles entre Barack Obama et Benjamin Netanyahu se sont encore dégradées depuis la décision du Premier ministre israélien, annoncée en janvier, de prononcer un discours devant les deux chambres du Congrès à l'invitation du président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner. Au Capitole, le chef du Likoud (droite) devrait réaffirmer son hostilité à un accord avec Téhéran à moins d'un mois de la date butoir du 31 mars fixée pour la conclusion du volet politique des négociations sur le nucléaire. L'administration Obama ne décolère pas face à ce qu'elle considère comme un affront à sa diplomatie alors que la prochaine réunion entre l'Iran et le P5+1 est prévue jeudi à Montreux, en Suisse. Le président américain ne recevra pas le Premier ministre israélien en raison de la trop grande proximité des élections législatives israéliennes, le 17 mars. En répondant à l'invitation lancée par John Boehner sans consultation préalable avec la Maison blanche, Benjamin Netanyahu a rompu avec une longue tradition israélienne veillant à ménager démocrates et républicains. (Matt Spetalnick, Dan Williams; Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Tangi Salaün)
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