A Wall Street, les résultats seront le prochain obstacle

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LE DÉBUT DE LA SAISON DES RÉSULTATS, PROCHAIN OBSTACLE POUR LES MARCHÉS AMÉRICAINS
LE DÉBUT DE LA SAISON DES RÉSULTATS, PROCHAIN OBSTACLE POUR LES MARCHÉS AMÉRICAINS

par Rodrigo Campos

NEW YORK (Reuters) - La hausse de Wall Street commençait déjà à s'essouffler avant la publication, vendredi, de chiffres de l'emploi décevants et le début des publications de résultats au cours des prochains jours pourrait favoriser le début d'un véritable mouvement de correction.

Même si l'indice Standard & Poor's 500 a inscrit mardi un plus haut historique de clôture, ce sont les valeurs défensives qui mènent le bal alors que les valeurs de croissance marquent le pas. Une "rotation" qui incite de nombreux observateurs à prédire un mouvement de baisse marqué.

"Je crois que l'élan s'est un peu affaibli et il sera intéressant de voir s'il ne s'agit que d'un repli d'une journée", a déclaré Bruce Zaro, responsable de la stratégie technique de Delta Global Asset Management, à propos de la baisse de vendredi (-0,43% pour le S&P 500).

Sur l'ensemble du premier trimestre, l'indice de référence du secteur de la santé a gagné 15,2% et celui des services aux collectivités 11,8%, des performances supérieures à celle du S&P (+10%).

La transition vers les valeurs défensives pourrait traduire la volonté des investisseurs d'intégrer dans leur stratégie d'investissement l'impact des hausses d'impôts entrées en vigueur en début d'année et des 85 milliards de dollars de coupes dans les dépenses fédérales qui ont commencé à s'appliquer le mois dernier.

Cette évolution constitue "une rotation vers des secteurs moins affectés par un ralentissement de court terme de la consommation", a expliqué Eric Kuby, de North Star Investment Management.

La saison des résultats trimestriels débute lundi avec la publication des comptes du géant de l'aluminium Alcoa mais surtout vendredi avec JPMorgan Chase et Wells Fargo. Les performances de ce dernier permettront notamment d'en savoir plus sur l'état de santé du marché immobilier.

Les bénéfices du S&P 500 sont attendus en hausse de 1,5%, un consensus revu en nette baisse puisque le marché tablait en janvier sur une progression de 4,3%, selon les données Thomson Reuters.

LES RÉSULTATS ET LA FED, FACTEURS CLÉS

Les investisseurs "s'attendent vraiment à ce que la saison des résultats soit globalement décevante", résume Bruce Zaro.

Les sociétés cotées ont intégré en partie la révision à la baisse des attentes du marché: les révisions en baisse de prévisions de résultats ont été largement majoritaires ces dernières semaines puisque le rapport entre révisions à la baisse et révisions à la hausse a atteint, pour le S&P 500, son plus haut niveau depuis le troisième trimestre 2001 selon Thomson Reuters.

"Les entreprises ont compris que, puisque l'économie est ralentie, rien ne sert de jouer les héros en donnant des prévisions qu'on est incapable de dépasser", explique Nicholas Colas, responsable de la stratégie de ConvergEx Group.

Emblématique de cette tendance, le fabricant d'équipements de réseaux F5 Networks a lancé jeudi un avertissement sur ses résultats qu'il justifie entre autres par la baisse des ventes au secteur public. Le titre a chuté de 19% vendredi.

Autre évolution à prendre en compte: si, au cours des derniers trimestres, les investisseurs ont attaché davantage d'importance à l'évolution du chiffre d'affaires, reflet supposé de la reprise économique, qu'à celle des bénéfices, il pourrait en être autrement au cours des prochaines semaines.

"A ce stade, les bénéfices seront peut-être plus importants que le chiffre d'affaires parce qu'on sait déjà que le premier trimestre a été mitigé pour l'économie", dit Nicholas Colas. "On ne sera pas surpris si le chiffre d'affaires est un peu léger. C'est au niveau des bénéfices que l'on veut être certain que tout va bien."

Sur le plan macroéconomique, les investisseurs attendent surtout le compte-rendu de la dernière réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale, qui leur apportera des précisions sur le débat en cours concernant l'ampleur et la durée des rachats d'obligations effectués par la banque centrale.

Les derniers chiffres de l'emploi ne plaident pas en faveur d'une réduction de cet assouplissement quantitatif (QE) mais le compte-rendu et les interventions publiques de plusieurs dirigeants de la Fed au cours des prochains devraient alimenter les discussions.

Le marché attend aussi, vendredi, les statistiques des ventes au détail en mars et les premiers résultats de l'enquête Thomson Reuters/Université du Michigan sur le moral des ménages.

Marc Angrand pour le service français

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