A Wall Street, les bonus sont plus sélectifs, les M&A en vedette

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    par Olivia Oran et Anjuli Davies 
    NEW YORK/LONDRES, 19 janvier (Reuters) - Les vedettes des 
activités de conseil en fusions-acquisitions (M&A) de Wall 
Street devraient recevoir d'importants bonus annuels à la fin du 
mois mais beaucoup d'autres banquiers risquent d'être déçus, les 
employeurs cherchant avant tout à maîtriser les dépenses, tout 
en évitant des défections.  
    L'activité record de M&A enregistrée en 2015 a constitué 
l'un des rares points positifs de l'année pour certaines grandes 
banques, confrontées dans le même temps à la volatilité des 
marchés, aux craintes liées à la Chine et à la chute des cours 
du pétrole.  
    En conséquence, l'évolution des bonus ne sera pas uniforme, 
d'autant que les employeurs doivent prendre en compte la baisse 
des revenus du trading, la faiblesse de la croissance de 
certaines autres activités et le durcissement de la 
réglementation, en matière de rémunérations notamment.  
    Ces préoccupations n'entreront sans doute pas en compte dans 
le calcul des bonus des stars des M&A, chez JPMorgan Chase & Co 
 JPM.N  ou Morgan Stanley  MS.N , des banques soucieuses de ne 
pas favoriser les départs vers des "boutiques" comme Centerview 
Partners ou Lazard  LAZ.N , qui ne sont pas soumis aux mêmes 
contraintes réglementaires.  
    "Dans certains groupes, on va voir des montants 
impressionnants cette année, qui reflèteront la vigueur du 
marché des M&A et traduiront les efforts visant à faire en sorte 
que les banquiers vedettes restent satisfaits et n'aillent pas 
voir ailleurs", explique Noah Schwarz, spécialiste du 
recrutement de dirigeants chez Korn Ferry. 
    Globalement, la hausse des bonus des spécialistes des M&A 
devrait se situer entre zéro et 5%, estiment plusieurs sources.  
    Chez Morgan Stanley, le budget alloué aux rémunérations de 
la division "Institutional Securities", qui inclut la banque 
d'investissement et le trading, a été réduit de 17% sur un an, 
selon des sources.  
    Chez Citigroup  C.N , la rémunération des banquiers est 
restée globalement stable l'an dernier. Les revenus tirés du 
conseil en M&A ont augmenté de 16% en 2015 mais ceux de la 
banque d'investissement ont diminué de 3%. 
    Des représentants des banques citées ont refusé de commenter 
ces chiffres. 
     
    ON RESTE LOIN DES SOMMETS D'AVANT-CRISE 
    Pour des "boutiques" comme Guggenheim Partners, les bonus 
devraient augmenter de 10% à 20%.  
    Le montant global des opérations de fusions-acquisitions 
conclues en 2015 a bondi de 42,2% à 4.700 milliards de dollars, 
un record, selon les données Thomson Reuters. Une hausse 
alimentée par une série de très grosses opérations, comme 
l'offre de 106 milliards d'Anheuser-Busch InBev  ABI.BR  sur 
SABMiller  SAB.L  ou celle de 70 milliards de Royal Dutch Shell 
 RDSa.L  sur BG Group  BG.L . 
    Les commissions de M&A dans le monde ont augmenté de 7,7%, à 
26 milliards de dollars.  
    Même pour les mieux récompensés, les bonus ne devraient pas 
retrouver les sommets atteints avant la crise financière, 
lorsque Andrea Orcel, vedette de Merrill Lynch, avait empoché 34 
millions de dollars.  
    Si les bonus varient selon les activités au sein d'une même 
banque, ils diffèrent aussi entre Etats-Unis et Europe. 
    L'Union européenne a en effet plafonné les bonus, qui ne 
peuvent plus dépasser 100% du salaire fixe, ou deux fois le 
salaire fixe avec un feu vert spécifique des actionnaires. Mais 
les banques se sont adaptées à cette nouvelle donne en accordant 
des allocations spécifiques à certains hauts dirigeants et en 
augmentant la part fixe des rémunérations dans certains cas.  
    Les traders, eux, seront moins bien lotis que les 
conseillers en M&A, leur activité ayant souffert l'an dernier.  
    "Les rémunérations sont en baisse dans toutes les activités 
de trading et vous ne serez pas surpris d'apprendre que cela a 
notamment touché les taux fixes", a déclaré jeudi dernier 
Marianne Lake, la directrice financière de JPMorgan, en 
commentant les résultats trimestriels du groupe. 
     
 
 (avec Pamela Barbaglia à Londres; Marc Angrand pour le service 
français) 
 

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