A Wall Street, le mur budgétaire menace la trêve des confiseurs

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LE MUR BUDGÉTAIRE MENACE LA TRÊVE DES CONFISEURS SUR LES MARCHÉS AMÉRICAINS
LE MUR BUDGÉTAIRE MENACE LA TRÊVE DES CONFISEURS SUR LES MARCHÉS AMÉRICAINS

par Angela Moon

NEW YORK (Reuters) - Les deux dernières semaines de décembre sont généralement calmes à Wall Street. Mais cette année, les professionnels de la finance devront garder leur téléphone à portée de main pendant leurs congés au cas où l'issue des discussions sur le "mur budgétaire" viendrait réveiller brutalement les marchés.

Les négociations entre la Maison blanche et le Congrès sur les hausses d'impôts et les coupes budgétaires dont la conjonction, début 2013, pourrait provoquer un ralentissement subit de l'activité économique risquent donc fort de gâcher les vacances de nombreux traders et analystes.

"Beaucoup d'entreprises dit à leurs équipes de trading: 'Vous pouvez prendre des jours de congé pour Noël mais soyez prêts à revenir s'il se passe quelque chose'. C'est très différent des autres années, notamment pendant cette période de l'année où l'activité est supposée ralentir", explique J.J. Kinahan, responsable de la stratégie dérivés de TD Ameritrade.

"La semaine prochaine, c'est le Capitole qui fera le marché."

Les discussions menées par le président Barack Obama et le "speaker" de la Chambre des représentants, John Boehner, semblent pour l'instant au point mort et il apparaît de plus en plus probable qu'aucun compromis ne sera trouvé avant le Nouvel An.

"Nous espérons qu'on arrivera à trouver une solution mais il me semble qu'ils continuent à danser sur la corde raide politique (...) plutôt que d'arriver à un résultat", note Gordon Charlop, directeur général de Rosenblatt Securities.

En dépit de l'inquiétude suscitée par ce dossier, l'indice Standard & Poor's 500 résiste bien puisqu'il affiche une hausse de 12,4% pour 2012. Sur la semaine écoulée, il a toutefois cédé 0,32%.

RÉALLOCATION

La semaine à venir s'achèvera vendredi avec la journée dite des "quatre sorcières", qui marque l'expiration simultanée des options et futures sur actions et sur indices, ce qui risque de favoriser la volatilité.

"On pourrait assister à d'importantes ventes car il va y avoir beaucoup d'ajustements de positions et de réallocations d'actifs avant la fin de l'année", dit J.J. Kinahan.

Autre facteur susceptible de peser sur la tendance: la possibilité de voir augmenter dès janvier certains taux d'imposition des plus-values et des dividendes si la Maison blanche et le Congrès ne trouvent pas un terrain d'accord. Cette éventualité pourrait inciter nombre d'investisseurs à se débarrasser de certains titres pour des raisons fiscales avant le 31 décembre.

Ce facteur explique en partie, selon certains observateurs, la baisse récente d'Apple, dont le cours a fondu d'un quart depuis le plus haut historique inscrit le 21 septembre à 705,07 dollars. Vendredi, le titre a encore cédé 3,8% pour clôture à 509,79 dollars, affaibli par les débuts apparemment timides de l'iPhone 5 en Chine et par la révision à la baisse des estimations de ventes de deux analystes.

La valeur affiche toutefois encore une hausse de près de 26% depuis le début de l'année.

"Si vous détenez Apple depuis un certain temps, vous devriez réfléchir à une réallocation d'actifs car des changements se préparent en matière de fiscalité et de réglementation l'année prochaine, même si on ne sait pas encore quelles seront les règles du jeu", explique J.J. Kinahan.

Un signe montre toutefois que l'inquiétude suscitée par le mur budgétaire a tendance à diminuer: l'indice sectoriel de la défense, l'un des secteurs les plus exposés aux coupes potentielles dans les dépenses publiques, est tout proche de son plus haut de l'année et progresse de près de 13% sur 2012.

Avec Chuck Mikolajczak, Marc Angrand pour le service français

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