A Wall Street, anxiété et espoir avant les résultats des banques

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ANXIÉTÉ ET ESPOIR À WALL STREET AVANT LES RÉSULTATS DES BANQUES
ANXIÉTÉ ET ESPOIR À WALL STREET AVANT LES RÉSULTATS DES BANQUES

par Laila Kearney

NEW YORK (Reuters) - Les résultats trimestriels que publieront plusieurs des principales banques américaines au cours des prochains jours ne devraient pas être brillants mais certains analystes espèrent malgré tout qu'une lecture détaillée des comptes et les déclarations des dirigeants permettront aux valeurs du secteur, délaissées par les investisseurs, de repartir de l'avant.

Quatre des plus grandes banques du S&P 500 - JP Morgan Chase, Wells Fargo, Bank of America et Citigroup - publieront leurs comptes à partir de mercredi.

Les analystes s'attendent à ce que le secteur financier affiche des résultats en baisse de 9,2% et des revenus en hausse symbolique de 0,2%.

L'indice S&P des valeurs financières a connu la plus mauvaise performance sectorielle du S&P depuis le début de l'année, une baisse de 8%, alors que l'indice phare de la place new-yorkaise est stable sur la période.

"Nous pensons que les banques sont pratiquement au plus bas", dit Tim Ghriskey, responsable de l'investissement chez Solaris Group.

Les valeurs bancaires sont faiblement valorisées par rapport au reste du marché. Les sociétés financières du S&P se traitent à environ 12,8 fois leurs résultats estimés pour les 12 mois à venir, contre 16,7 fois pour l'ensemble du S&P-500.

L'EXPOSITION À L'ÉNERGIE, ENJEU CLÉ

Les investisseurs comme Tim Ghriskey éplucheront soigneusement les comptes des banques pour savoir s'ils ouvrent des opportunités d'achat, compte tenu de la faible valorisation du secteur, ou s'ils ne feront que refléter la triste réalité d'un secteur dont les performances sont et resteront faibles.

Tim Ghriskey, qui serait "très étonné de voir de bons résultats", a dit qu'il chercherait à regarder au-delà des résultats de ces banques pour voir si les perspectives de leurs dirigeants s'avèrent plus optimistes. Sa société de gestion est légèrement surpondérée sur les services financiers.

Le secteur souffre depuis la crise financière mondiale, dans un contexte de taux d'intérêt très faibles, de durcissement de la réglementation bancaire et, plus récemment, de son exposition au secteur pétrolier et gazier en difficulté.

Même avec des cours au plus bas, il ne va pas être aisé pour les banques de convaincre de l'attrait de leurs titres.

Les investisseurs seront à l'affût de précisions sur l'exposition des banques au secteur de l'énergie, lequel devrait annoncer sa première perte en dix ans selon les données de Thomson Reuters.

Les banques pourraient attirer des acheteurs si leurs portefeuilles de prêts au secteur pétrolier s'avèrent relativement sûrs ou si elles annoncent des pertes moins importantes que prévu sur leurs créances vis-à-vis du secteur de l'énergie. Leurs prévisions pourraient aussi s'améliorer si les prix du pétrole se stabilisent, ce qui a été le cas récemment.

Le cours du baril de brut léger américain, tombé à 26 dollars mi-février, est remonté récemment tout près des 40 dollars.

Les investisseurs chercheront également des signes de bonne performance des activités dans la banque d'affaires et le trading, selon l'analyste de Nomura Steven Chubak.

"Tout commentaire constructif sur les perspectives des marchés de capitaux serait bien reçu dans l'environnement opérationnel très difficile du premier trimestre", dit-il.

La saison des résultats commence véritablement lundi, avec comme toujours ceux du producteur d'aluminium Alcoa. Globalement, les analystes ont tellement abaissé leurs prévisions de résultats pour les sociétés du S&P que de beaucoup d'entre elles sont susceptibles de battre les consensus.

(Laila Kearney, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand)

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