"A Very Englishman" : Paul Raymond, la fortune grâce à l'érotisme

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Steve Coogan joue les pornographes dans "A Very Englishman", à sortir le 19 juin en France. FilmFour. All Rights Reserved.
Steve Coogan joue les pornographes dans "A Very Englishman", à sortir le 19 juin en France. FilmFour. All Rights Reserved.

(AFP) - Roi de la provoc' dans une Angleterre conservatrice, Paul Raymond a construit un empire de l'érotisme, avec revues dansantes, clubs de strip-tease puis magazine pour adulte, jusqu'à devenir l'homme le plus riche d'Angleterre. Michael Winterbottom consacre un film à ce jouisseur, "A Very Englishman" qui sort mercredi en salles.

"Pas mal pour un gamin de Liverpool qui a débarqué à Londres avec 5£ dans sa poche", répète, fier, Paul Raymond. Cet homme, interprété par l'acteur fétiche de Michael Winterbottom, Steve Coogan, est parti de rien... Puis est devenu "le roi de Soho", le célèbre quartier de la capitale britannique.

Au démarrage, ses femmes nues posent comme des statues, la loi Chamberlain interdisant de présenter des femmes dévêtues en mouvement sur scène. Mais l'ouverture d'un club privé en 1958, le "Raymond Revue Bar", lui permet de surmonter cet obstacle : c'est le début de la gloire.

On le surnomme "le roi du show à scandale" ; lui se qualifie de "roi du show de charme". On l'accuse de pornographie? Jamais, se défend-il, alors qu'il a lancé le magazine pour adulte "Men Only". Son magazine connaît un succès immédiat.

Michael Winterbottom entraîne le spectateur dans l'univers de jouissance et d'excentricité d'un businessman hors du commun, avec champagnes millésimés, voitures de luxe, belles femmes dénudées, sexe, drogue, le tout rythmé par une formidable bande originale, avec notamment David Bowie et Roxy Music.

Un drame avec des pointes de comédie

La vie professionnelle et la vie personnelle de Paul Raymond ne font qu'une. Sa femme Jean chorégraphie les premiers spectacles, sa maîtresse Fiona pose pour "Men Only" et même sa fille chérie et trop gâtée, Debbie, s'essaie à la chanson dans un club de son père.

Mais "A very Englishman" n'est pas que légèreté : "le film est un drame avec des pointes de comédie", analyse Steve Coogan. Le ton est particulièrement grave quand Debbie, qui devait hériter de l'empire, se perd dans la drogue; il y a aussi le divorce avec Jean, le fils abandonné et le fils non-reconnu.

"Mais grand-père, pourquoi as-tu acheté autant de maisons ?", interroge, en quête de sens, la toute jeune fille de Debbie, assise à l'arrière d'une voiture de luxe qui circule dans Soho, dont Paul Raymond a acquis les immeubles un à un.

Il meurt en 2008 à la tête d'une fortune estimée à 650 millions de dollars.

Le film est la quatrième collaboration entre le réalisateur et Steve Coogan, excellent dans le rôle. C'est d'ailleurs sur le tournage de "The Trip" (sorti en 2010) que l'acteur a parlé de Paul Raymond à Michael Winterbottom. "Il m'en a fait une très bonne imitation sur le champ", se souvient ce dernier.

On doit plus d'une vingtaine de films, dans des genres très variés, au réalisateur britannique. Récemment, il a filmé une tragédie moderne au parfum de Bollywood avec "Trishna" (2011), il a par ailleurs plongé dans la tête d'un psychopathe dans "Killer Inside Me" (2010). En 2009, il a présenté un documentaire militant sur les origines de la crise économique, "La Stratégie du choc".

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