À Versailles, la romanesque rénovation de l'ancien hôpital royal

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EN IMAGES - Construit au XVIIIe, l’ancien hôpital royal de Versailles était désaffecté depuis la fin des années 90. Il a brûlé trois fois avant d’être transformé en logements par Jean-Michel Wilmotte. Visite avec une équipe de passionnés.

A Versailles vient de s’achever une spectaculaire rénovation, celle d’un hôpital du XVIIIe siècle de 28.000 m² classé monument historique. Un des plus importants projets français de réhabilitation en cœur de ville récompensé par le prix spécial du jury des Pyramides d’argent de la FPI (Fédération des promoteurs immobiliers) Ile-de-France.

«Chaque projet est une aventure, mais celui-ci est presque un roman», explique l’architecte Jean-Michel Wilmotte. Il se souvient avoir visité, à la lueur d’une lampe torche, la chapelle qui a maintenant retrouvé sa splendeur et vient d’être rétrocédée à la Ville de Versailles.

Il faut dire que l’histoire récente de ce qui fut l’hôpital royal a été agitée. Après la fermeture de l’établissement à la fin des années 90, cet espace de 2 hectares au cœur de Versailles est resté à l’abandon une dizaine d’années. Un temps voué à devenir cour d’appel, il a été squatté, a brûlé trois fois. «Il fallait être un entrepreneur pour s’engager dans cette rénovation, c’était un projet complexe et un challenge», explique Norbert Dentressangle, le fondateur du groupe de transports et de logistique qui porte son nom.

C’est lui qui a pris, en 2009, en pleine crise financière, la décision de racheter (pour 3,7 millions) les lieux. Et s’est engagé à respecter les vœux de la mairie, qui souhaitait la construction de logements sociaux et l’ouverture du jardin intérieur aux Versaillais.

Le promoteur Ogic, dont Norbert Dentressangle est actionnaire, a mené l’opération de 227 logements plus 91 logements sociaux, principalement pour les étudiants, une crèche et des commerces. «Il a fallu 192.000 ardoises, 20 tonnes et demie de plomb, 4000 m² de parement de pierre de taille, et il y a 10000 m² de plancher…» énumère Frédéric Didier, l’architecte en chef des monuments historiques, responsable du château et de la ville de Versailles. «Dans ce type de bâtiment, impossible de maintenir les usages d’avant. Ce serait dangereux pour le patrimoine, qui a besoin d’une seconde vie», explique-t-il.

Aujourd’hui, la chapelle est devenue lieu d’exposition, l’hôpital et ses 5 mètres de hauteur sous plafond est habité. Rénover coûte davantage que bâtir à partir de rien. On parle de 55 millions d’euros de travaux pour ce projet. C’est la construction des résidences étudiantes qui a permis d’équilibrer l’opération. Il reste quelques appartements rénovés à vendre, dont un triplex de 250 m2 pour 2,2 millions d’euros.

«En France, il y a trop de châteaux à l’abandon, mais les restaurer coûte très cher. Ce que nous avons fait à Versailles, en associant privé et public, doit servir d’exemple», espère Jean-Michel Wilmotte.

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