A Venise, MOSE, le chantier maudit

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Les digues mobiles du projet MOSE, en novembre 2014, à Venise.
Les digues mobiles du projet MOSE, en novembre 2014, à Venise.

Le projet pharaonique qui doit protéger la ville de l'acqua alta, cette soudaine montée des eaux aux conséquences potentiellement dévastatrices accuse retard, surcoûts et malfaçons.

La vedette part du bassin de l'Arsenal, et laisse bientôt derrière elle la silhouette des toits de Venise, engloutie par les brumes. Cap a été mis vers la partie sud de la lagune, délaissée par les circuits touristiques.

Ici règnent la pêche et ce qui reste de l'industrie pétrochimique du port de Marghera, naguère si prospère. On longe l'étroite langue de terre de Pellestrina, rehaussée de murs au XVIIIe siècle par la Sérénissime afin - déjà - de lutter contre le risque de submersion, avant de déboucher devant la passe de Chioggia, où se déroulent actuellement les travaux.

C'est là que le chantier apparaît, dans toute sa démesure : depuis un ponton gigantesque, des dizaines de techniciens déplacent avec une précision chirurgicale un monstre jaune de plusieurs dizaines de tonnes, afin de le positionner idéalement pour l'installer ensuite par une douzaine de mètres de fond. Pour les besoins de la man½uvre, la passe, de plusieurs centaines de mètres de large, a été interdite par les autorités portuaires. Au loin, une dizaine de bateaux de pêche patientent, pour ne pas perturber l'opération par les remous qu'ils provoqueraient lors de leur passage. « Le problème de ce chantier, c'est que sa partie la plus importante est invisible. Alors forcément, les gens ont l'impression que ça n'avance pas. Mais on progresse », assure un des ingénieurs, qui supervise l'opération.

« On progresse », confient-ils tous, comme pour se convaincre eux-mêmes, mais en demandant à chaque fois l'ano...

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