A Téhéran, Morsi dénonce le "régime d'oppression" d'Assad

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À TÉHÉRAN, LE PRÉSIDENT ÉGYPTIEN PLAIDE POUR LA FIN DU ?RÉGIME D?OPPRESSION? DE BACHAR AL ASSAD
À TÉHÉRAN, LE PRÉSIDENT ÉGYPTIEN PLAIDE POUR LA FIN DU ?RÉGIME D?OPPRESSION? DE BACHAR AL ASSAD

par Yeganeh Torbati et Khaled Yacoub Oweis

DUBAI/AMMAN (Reuters) - Le président égyptien Mohamed Morsi a appelé jeudi à une intervention pour mettre un terme au bain de sang en Syrie, déclarant devant les 120 pays réunis au sommet du Mouvement des non-alignés (MNA) à Téhéran qu'il était de leur devoir de se dresser contre le "régime d'oppression" de Bachar al Assad.

La diatribe égyptienne contre le président syrien intervient alors que les rebelles assurent avoir abattu un avion de chasse dans le nord de la Syrie, où l'armée de l'air a bombardé les villes tenues par l'opposition dans une violente contre-offensive visant les insurgés.

L'islamiste Mohammed Morsi, élu il y a deux mois à la tête de l'Egypte, a déclaré que Bachar al Assad avait perdu sa légitimité dans son combat pour écraser un soulèvement populaire qui dure depuis dix-sept mois et au cours duquel 18.000 personnes ont été tuées selon l'Onu.

"Le bain de sang en Syrie est de notre responsabilité à tous et nous devons savoir que ce bain de sang ne peut s'arrêter sans l'interférence efficace de nous tous", a lancé le dirigeant sunnite.

"Nous devons tous exprimer notre entière solidarité avec le combat de ceux qui recherchent la liberté et la justice en Syrie et traduire cette sympathie en une vision politique claire qui soutient une transition pacifique vers un système démocratique reflétant les demandes du peuple syrien de plus de liberté", a-t-il ajouté.

Ces déclarations ont provoqué le départ temporaire de la délégation syrienne présente au sommet et conduit le Premier ministre syrien, Walid al Moualem, à accuser l'Egypte d'encourager le bain de sang dans son pays.

ASSAD A "BESOIN DE TEMPS"

Bachar al Assad, lors de sa première interview télévisée depuis que les combats ont gagné le coeur de Damas et de la capitale économique, Alep, a déclaré mercredi que sa bataille pour réprimer l'insurrection se déroulait bien mais avait besoin de plus de temps.

"Tout le monde veut que cette bataille prenne fin dans les jours ou les semaines à venir mais cela n'est pas raisonnable parce que nous sommes au coeur d'une bataille régionale et internationale qui a besoin de temps pour être résolue", a-t-il indiqué.

Les rebelles syriens, à majorité sunnite, bénéficient du soutien des puissances régionales sunnites, en particulier les pays du Golfe et la Turquie. Bachar al Assad, dont la communauté alaouite est une branche de l'islam chiite, est pour sa part soutenu par l'Iran et le Hezbollah libanais.

Le rôle des puissances régionales a pris une signification grandissante en raison du blocage rencontré au Conseil de sécurité de l'Onu, où l'impasse diplomatique persistante a marginalisé la voix des grandes puissances sur le dossier syrien.

La crise syrienne doit être discutée jeudi soir lors d'une réunion du Conseil de sécurité sous présidence française. Mais elle ne devrait déboucher sur aucune mesure concrète, les Etats-Unis, la Chine et la Russie étant annoncés absents.

"Nous voulions une résolution sur les questions humanitaires mais nous avons rencontré un double refus", a précisé un diplomate français.

"Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne pensent que nous avons atteint la limite de ce qui peut être réalisé au Conseil de sécurité, et Moscou et Pékin ont déclaré qu'une telle résolution serait partiale."

Un membre du Conseil national syrien (CNS), instance créée pour servir d'organisme capable d'assurer une transition politique en Syrie, a démissionné mardi déplorant que le CNS ne fasse pas assez pour soutenir les rebelles syriens et appelant à son remplacement par une nouvelle autorité politique.

"Mon sentiment était que le CNS n'était pas capable de faire face aux défis grandissants sur le terrain", a déclaré Basma Kodmani à Reuters.

AVION ABATTU

Dans un communiqué publié jeudi, la "Brigade des martyrs syriens" indique avoir abattu un avion de chasse de l'armée de l'air près de la ville d'al Thaiabia, dans le nord de la Syrie. Des images vidéo diffusées sur la chaîne Al Arabiya montraient ce qui semblait être de la fumée s'élevant dans le ciel et un homme en parachute. Un hélicoptère de l'armée tournoyait au-dessus de la zone, apparemment à la recherche du pilote.

"La brigade a commencé à viser les infrastructures aériennes du régime, dont les aéroports militaires", a précisé un membre du groupe à Idlib, près de la frontière turque.

Les rebelles ont annoncé cette semaine qu'ils avaient attaqué une base militaire dans le nord du pays et abattu un hélicoptère qui bombardait un quartier de Damas.

Selon Human Rights Watch, des avions de chasse et l'artillerie des forces gouvernementales, en plus de viser les rebelles, ont pris pour cible une dizaine de boulangeries à d'Alep ces trois dernières semaines, tuant des dizaines de personnes qui faisaient la queue pour acheter du pain.

Avec John Irish aux Nations unies, Erika Solomon à Beyrouth et Marcus George à Dubai; Juliette Rabat pour le service français

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  • janaliz le jeudi 30 aout 2012 à 19:05

    Le morsi ne manque pas d'air. C'est vrai que les islamistes n'ont jamais tué personne !