A Téhéran, Erdogan et Rohani mettent leurs divergences de côté

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ISTANBUL, 7 avril (Reuters) - Le président turc Recep Tayyip Erdogan, en visite à Téhéran, et son homologue iranien Hassan Rohani ont appelé mardi à un renforcement des relations commerciales entre leurs deux pays mais se sont abstenus d'aborder frontalement leurs divergences sur la crise au Yémen. Les deux pays, déjà divisés sur la Syrie, soutiennent deux camps différents au Yémen, où Ankara soutient la coalition sunnite réunie par l'Arabie saoudite contre les rebelles chiites Houthis, qui s'appuient sur Téhéran. Dans ce contexte, plusieurs députés iraniens avaient appelé à l'annulation de la venue d'Erdogan, accusé de vouloir rebâtir l'Empire ottoman. De son côté, le président turc a publiquement déploré la politique d'influence et de domination régionale que poursuivrait la République islamique. Mais des spécialistes de la région jugent les deux Etats voisins à même de contenir ces points de friction du fait de leur dépendance économique: la Turquie a besoin du gaz iranien; Téhéran, frappé par les sanctions, cherche désespérément des marchés d'exportation. Lors de leur conférence de presse commune, retransmise par la télévision turque, Erdogan et Rohani ont tenté de minimiser les tensions régionales. "Je ne regarde pas les appartenances religieuses. Chiite ou sunnite, peu m'importe. Ce qui m'importe, ce sont les musulmans", a ainsi déclaré le président turc, ajoutant que les responsables de la région devaient mettre un terme au conflit meurtrier qui oppose chiites et sunnites et dont le Yémen est le dernier terrain d'affrontement en date. "Nous pensons tous deux qu'il est nécessaire d'observer aussi vite que possible la fin de la guerre et des effusions de sang au Yémen", a dit son hôte iranien. A l'occasion de cette visite d'un jour, les deux présidents ont signé huit accords et insisté sur un renforcement de la coopération économique. Les échanges commerciaux bilatéraux, qui étaient de 14 milliards de dollars l'an dernier, sont en deçà de l'objectif de 30 milliards fixé pour cette année, a reconnu Erdogan. Ils ont été freinés par le recours formé en 2012 devant la Chambre internationale de commerce, en Suisse, par Ankara qui reproche à l'Iran une pratique tarifaire trop élevée sur ses ventes de gaz (la Turquie importe chaque année 10 milliards de mètres cubes de gaz iranien). (Daren Butler et Humeyra Pamuk avec Babak Dehghanpisheh à Beyrouth; Henri-Pierre André pour le service français)

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