A-t-on utilisé du Captagon dans le foot ?

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A-t-on utilisé du Captagon dans le foot ?
A-t-on utilisé du Captagon dans le foot ?

Avant d'être surnommé la "drogue du djihadiste" pour sa capacité à doper l'agressivité des combattants de Daech, le Captagon a prospéré au sein du football français. Certains joueurs ont révélé avoir gobé ces pilules d'amphétamine durant les années 80 et le début des années 90. Mais aujourd'hui encore, le tabou reste tenace.

Stade de l'Abbé-Deschamps, milieu des années 80. L'AJ Auxerre de Guy Roux reçoit le Sporting Club de Toulon. Dans les vestiaires, côté toulonnais, des petits cachetons beiges passent de main en main. "On m'a dit qu'il fallait absolument gagner ce match. Comme j'étais jeune et con, j'ai avalé le cachet", regrette encore Pascal Olmeta, ancien portier du club. "Ce jour-là, je crois que je n'ai pas joué plus d'un quart d'heure. Au premier ballon, je suis sorti à 40 mètres de mes buts et j'ai fait un tacle assassin. L'arbitre est arrivé : "Oh ! T'as vu ce que tu as fait ?" J'ai pris un carton rouge de suite. Plus personne ne me tenait. Je suis rentré dans les vestiaires, et j'ai cassé deux portes..." Ce jour-là, dans l'enceinte bourguignonne, Olmeta gobe, quelques minutes avant le coup d'envoi, pour la deuxième et dernière fois de sa carrière, un comprimé de fénétylline chlorhydrate. Terme barbare pour désigner le Captagon.

Une pilule parmi les stupéfiants


L'ancien portier, passé par l'Olympique de Marseille et l'Olympique lyonnais, n'est pas le seul à avoir goûté à ce mystérieux stimulant, désormais prisé par les djihadistes. Considéré comme dopant, le produit est pourtant facile d'accès en pharmacie, en France, au début de sa commercialisation. Le produit n'apparaît au tableau C (liste recensant les "produits dangereux ") que durant les années 60. Puis la potion magique du footballeur passe en 1974 au tableau A, considéré comme un "produit toxique". En 1977, la pilule magique est finalement listée parmi les "stupéfiants". Ce qui n'empêche pas certains joueurs français d'y tourner à plein régime jusqu'au début des années 90.

Aujourd'hui, lorsqu'il s'agit d'évoquer la potion magique, les bouches semblent cousues. Au téléphone, Guy Roux admet des dérives, mais ne souhaite pas s'attarder sur les détails. "Je me souviens d'un épisode, au début de ma carrière d'entraîneur, je ne vous dirai pas quelle année. Un jour, quelqu'un est venu me voir pour m'informer qu'une équipe aurait pris du Captagon. Je lui dis : "Capta quoi ?" C'est le médecin d'Auxerre qui m'a ensuite expliqué ce que c'était." Après avoir parlé en 2006, à L'Équipe Magazine, d'une "folie [...] autour du Captagon ", l'ancien joueur de l'Oympique de Marseille…




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