A Syrte, les forces loyalistes se heurtent aux snipers de l'EI

le
0
 (Actualisé avec avancée des paramilitaires, contexte) 
    TRIPOLI, 9 juin (Reuters) - Les combats se sont poursuivis 
jeudi à Syrte, place forte des djihadistes de l'organisation 
Etat islamique en Libye que des combattants ralliés au nouveau 
gouvernement d'unité nationale (GNA) tentent de déloger. 
    Après avoir marqué une pause en début de semaine, ces 
combattants, originaires pour l'essentiel d'entre eux de la 
ville de Misrata, dans l'ouest, ont repris leur offensive 
mercredi. Mais leur progression depuis l'ouest se heurte à la 
résistance des tireurs embusqués de l'EI. 
    "Nous pensons que Syrte sera libéré dans les prochains jours 
ou dans les prochaines semaines. Mais les snipers de Daech sont 
un souci pour nous parce qu'ils tirent de loin et que cela nous 
gêne dans la bataille dans la ville", a déclaré jeudi Mohamed al 
Gasri, un porte-parole militaire de Misrata. 
    Il a précisé que les combats se concentraient près du Centre 
de conférence Ouagadougou, un immense complexe que Mouammar 
Kadhafi avait fait ériger à l'entrée de la ville et que l'EI a 
transformé en centre d'instruction religieuse. 
    Parallèlement, la Garde des installations pétrolières (PFG), 
groupe paramilitaire qui assure la protection des sites 
pétroliers du pays, a annoncé qu'elle progressait sur Syrte 
depuis l'est, atteignant la ville de Haraoua située à 75 km 
environ de la ville tenue par les djihadistes. 
    Selon les PFG, la bande côtière de 250 km que contrôlaient 
les djihadistes a été réduite de moitié.  
    Les combats près de Syrte ont déjà fait des dizaines de 
morts et des centaines de blessés dans les rangs des brigades de 
Misrata. Au cours de la seule journée de mercredi, 15 de leurs 
hommes ont péri et 95 autres ont été blessés. 
    Le principal hôpital de Misrata est débordé et certains 
combattants ont été évacués vers la Turquie ou l'Italie pour y 
être soignés. Jeudi, le gouvernement d'unité nationale a demandé 
à la communauté internationale de participer davantage aux soins 
de "ses héros sur le front". 
    Depuis son arrivée à Tripoli en mars, le GNA de Fayez Seradj 
a cherché à réunir sous une seule bannière les différentes 
milices qui combattent l'Etat islamique en Libye en dépit des 
réticences exprimées par certains responsables politiques et 
chefs de guerre originaires de l'Est. 
    Parmi eux figure le général Khalifa Haftar, qui mène depuis 
deux ans une campagne contre les islamistes et l'opposition à 
Benghazi. 
    Le GNA a désigné un autre commandant militaire de l'est de 
la Libye, Mahdi al Barghathi, au poste de ministre de la Défense 
et ce dernier s'efforce de rallier des troupes jusque là fidèles 
à Haftar. La semaine dernières, deux unités militaires de 
Benghazi ont annoncé soutenir le GNA. 
    La volonté de vaincre les islamistes et celle de réduire 
l'influence du général Haftar a créé les conditions d'une 
coopération entre les brigades de Misrata et les PFG, souligne 
Mattia Toaldo, analyste au Conseil européen des relations 
internationales (ECFR), un think-tank pan-européen. 
    "Par rapport à la norme en Libye, il s'agit d'une 
coordination assez remarquable et c'est une coordination entre 
des gens qui se combattaient encore il y a un an", 
rappelle-t-il. 
 
 (Ahmed Elumami avec Ayman al-Warfalli; Henri-Pierre André et 
Nicolas Delame pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant