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(AOF) - Renault (-0,76% à 68,33 euros) a signé vendredi une des plus fortes baisses du CAC 40 en raison d’objectifs de marché 2016 jugés trop ambitieux. Cette année, le constructeur automobile vise une hausse de son chiffre d'affaires à taux de change constants et une amélioration de sa marge opérationnelle. Il table pour atteindre ces objectifs sur un marché automobile mondial en croissance de 1 à 2%. Le marché européen, comme le marché français, est attendu en hausse de 2%.

Or, Morgan Stanley craint de son côté que ces deux zones, où Renault a réalisé 57% de ses ventes en 2015, ne connaissent un ralentissement. Le broker a maintenu sa recommandation Souspondérer sur le titre.

Les investisseurs ont également mal réagi à une déclaration de Carlos Ghosn, PDG de Renault, laissant entendre qu'il n'y aurait sans doute pas de projet de renforcement de l'Alliance Renault-Nissan. L'avenir de l'Alliance a beaucoup occupé les marchés et Renault en 2015, les opérateurs espérant que le constructeur français puisse profiter encore plus des bonnes pratiques en vigueur chez le constructeur japonais.

Rien que sur les neuf premiers mois de l'année, ce dernier a déjà enregistré un bénéfice net de 3,4 milliards d'euros et un chiffre d'affaires de 66,5 milliards, bien supérieurs aux performances du groupe français. De plus, fin janvier, Carlos Ghosn avait dit viser au moins 4,3 milliards d'euros d'économies de coûts cette année au sein de l'Alliance. Les opérateurs aimeraient sans doute aller encore plus loin dans l'intégration des deux constructeurs.

Ces deux facteurs ont relégué au second plan l'annonce d'une hausse du dividende de 26% à 2,40 euros et d'un bond de près de 50% du bénéfice net à 2,82 milliards d'euros.

Renault a notamment bénéficié d'une contribution positive de Nissan de 1,976 milliard d'euros, en hausse de 26%. Cet apport du partenaire japonais a permis de compenser la dépréciation de l'investissement de Renault dans le russe AvtoVAZ, dont la valeur est passée de 225 à 91 millions d'euros. Au total, la contribution négative du constructeur de la Lada, impacté par la dégradation des conditions économiques en Russie, s'élève à 620 millions d'euros pour le groupe français.

Le bond du bénéfice net de Renault s'explique aussi par ses performances opérationnelles, supérieures aux attentes. Ainsi, la marge opérationnelle a bondi de 44,2% à 2,320 milliards d'euros alors que les analystes anticipaient 2,218 milliards. Elle a représenté 5,1% du chiffre d'affaires 2015, permettant ainsi à Renault d'atteindre son objectif d'une marge opérationnelle de 5% avec deux ans d'avance.

Sur le seul segment automobile, la marge opérationnelle a bondi de plus de 74% à 638 millions d'euros (3,5 % du chiffre d'affaires), bénéficiant de réductions de coûts et de la hausse des volumes de ventes.

Enfin, le chiffre d'affaires annuel de Renault a progressé de 10,4% (+10,6% à taux de change constants) à 45,327 milliards d'euros. Le consensus était de 45,156 milliards.


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