A suivre aujourd'hui... LAFARGE:
De plus, en dépit d'une forte inflation des coûts de production du secteur et d'une demande globalement atone, Lafarge a réussi à maintenir un niveau d'activité satisfaisant grâce à une bonne répartition géographique de ses actifs notamment dans les pays émergents. Cette zone représente désormais 60% des ventes du groupe.
En effet, sur les neufs premiers mois de l'année, le groupe a vu son chiffre d'affaires s'apprécier de 5% à 12 milliards d'euros, son Ebitda progresser de 7% à 2,59 milliards et son résultat net part du groupe grimper de 14% à 642 millions.
Afin de dégager une marge opérationnelle satisfaisante, Lafarge a engagé une lourde réorganisation de ses activités avec pour but de réduire ses coûts. Le groupe a notamment diminué ses effectifs de 557 personnes ou encore centralisé ses activités en Ile de France.
La stratégie de Lafarge est marquée essentiellement par son plan de cessions. Le groupe avait pour ambition de céder cette année pour 1 milliard d'euros d'actifs non stratégiques venant s'ajouter aux 2,2 milliards déjà cédés en 2011.
Au premier trimestre le groupe avait déjà cédé pour 71 millions d'euros d'actifs auxquels sont venus s'ajouter ses cessions d'activité de Ciment, Granulat et Béton aux Etats-Unis pour 446 millions de dollars (340 millions d'euros). Plus récemment, mi-décembre, Lafarge a mis en vente sa filiale sud-coréenne pour 700 milliards de wons ( 461 millions d'euros) et sa participation dans sa filiale indienne pour environ 300 millions de dollars ( 227 millions d'euros).
Le cimentier ne compte pas en rester là, Lafarge a annoncé un nouveau plan à l'horizon 2012-15 visant à accélérer la croissance des ventes et des marges générant au moins 400 millions d'euros d'Ebitda supplémentaires. Pour ce faire, il souhaite réduire ses coûts de 1,2 milliard d'euros sur quatre ans dont au moins 400 millions fin 2012 et 350 millions en 2013. Par ailleurs, le groupe compte poursuivre la réduction de sa dette à moins de 10 milliards le plus tôt en 2013.
AOF - EN SAVOIR PLUS
- Accélération de la politique d'innovation, notamment pour répondre aux modes de construction plus durables ;
- Accélération du désendettement ;
- Retour aux bénéfices attendu, pour la première fois depuis 2007.
Les points faibles de la valeur
- Encore sensible à l'atonie de la croissance en Europe ;
- Révision des dépenses d'infrastructures avec les plans d'austérité en Europe ;
- Sensibilité à la montée du risque géopolitique au Moyen-Orient.
- Situation financière toujours tendue ;
- Réduction du dividende pour alléger l'endettement ;
- Baisse des investissements de capacité pouvant hypothéquer le potentiel de gain de parts de marché à moyen terme, notamment dans les zones en forte croissance.
Comment suivre la valeur
- Performances étroitement correlées à l'état du secteur de la construction, et donc à l'évolution des taux d'intérêt, aux facilités d'accès au crédit, au climat de confiance, et aux conditions climatiques ;
- 25% à 30% du coût de production du ciment dépend du coût de l'énergie ;
- Sensibilité à la parité euro/dollar ;
- A suivre le plan stratégique 2012-2015 avec des objectifs jugés ambitieux au vue de l'environnement conjoncturel ;
- Effet de levier sur les résultats à attendre lors de la reprise de l'activité en raison de la réduction de la structure de coûts. Potentiel de redressement jugé sous-estimé par certains analystes ;
- Structure actionnariale particulière avec la juxtaposition de deux actionnaires de référence (Groupe Bruxelles Lambert et NNS) et non impliqués par une action de concert. LE SECTEUR DE LA VALEUR
Construction - Matériaux
Selon l'agence de notation Fitch les conditions de marché restent difficiles pour les grands cimentiers, et les perspectives, incertaines. Toutefois elle considère que les effets des mesures de réduction de coûts devraient peu à peu porter leurs fruits, conduisant à une légère amélioration de la performance opérationnelle du secteur en 2013. Face à un marché européen en crise, les grands cimentiers misent sur les marchés émergents. Ainsi pour Ciments Français, l 'Amérique latine et l'Asie sont les seules zones de croissance. De plus les plans de restructuration sont parfois renforcés face aux difficultés qui perdurent sur le marché européen et à une inflation des coûts. HeidelbergCement a économisé sur neuf mois 241 millions d'euros contre un objectif annuel de 200 millions.
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