A Strasbourg, l'ex-maire UMP Fabienne Keller veut sa revanche

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À STRASBOURG, FABIENNE KELLER VEUT SA REVANCHE CONTRE ROLAND RIES
À STRASBOURG, FABIENNE KELLER VEUT SA REVANCHE CONTRE ROLAND RIES

par Gilbert Reilhac

STRASBOURG (Reuters) - Le sénateur-maire socialiste de Strasbourg Roland Ries, qui s'était engagé il y a six ans à n'effectuer qu'un seul mandat, se lance de nouveau dans la bataille électorale avec un Front national en arbitre de son duel avec l'ancienne maire UMP.

Après plusieurs sondages lui prédisant une victoire facile, le dernier en date, publié le 7 mars, le met au coude à coude avec Fabienne Keller, battue en 2008, sauf dans l?hypothèse probable d?une triangulaire imposée par le FN.

Devenue lors des scrutins nationaux un îlot socialiste au coeur d?une Alsace ancrée à droite, Strasbourg est néanmoins jugée gagnable par l?UMP.

Quand Roland Ries, agrégé de lettres de 69 ans, dit se représenter par "devoir", Fabienne Keller, polytechnicienne de 54 ans, qui fut son élève au lycée de Sélestat, ne cache pas un désir de revanche en assurant avoir "changé".

Le maire sortant, qui avait accepté la tête de liste en 2008 pour éviter une guerre des chefs au sein du PS local, reconnaît "une erreur" dans sa promesse de ne pas se représenter.

"Ça suscite la compétition. Des décisions de ce genre se prennent à la fin du mandat", dit-il.

Rien ne semble réglé en 2014.

Repliée depuis six ans sur son mandat de sénatrice, Fabienne Keller affirme avoir appris de l?échec du "tandem" qu?elle formait, elle la centriste impulsive, avec Robert Grossmann, gaulliste ombrageux de vingt ans son aîné.

L?autoritarisme et les atermoiements de cet attelage avaient suscité des réactions hostiles au sein du personnel municipal et dans les milieux associatifs ou économiques. Roland Ries l?avait battue en 2008 par 58,3% des voix contre 41,7%.

DIVERGENCES KELLER-LOOS

"J?ai pris du recul et réfléchi", dit aujourd?hui le capitaine de corvette Keller, dont la liste intègre "45% de personnes issues de la société civile".

Cette amie de François Bayrou a remporté une première victoire en enrôlant le MoDem, mais aussi quatre conseillers municipaux de l?UDI qui l?ont préférée à François Loos, qui se présente pour la formation de Jean-Louis Borloo.

Cet ingénieur qui fut plusieurs fois ministre des gouvernements de Jacques Chirac s?estime légitime, à 60 ans, dans sa volonté de devenir le premier magistrat de Strasbourg.

Un déficit de notoriété et une discrétion naturelle lui valent toutefois d?être à moins de dix points dans les sondages quand sa condisciple est créditée de 30% des voix.

Les deux candidats centristes s?accordent pour dénoncer un supposé déclin de Strasbourg.

"Ce qui caractérise le mandat qui se termine, c?est la résignation, la résignation pour la poursuite des TGV, avec le Rhin-Rhône reporté à 2050, la résignation sur l?Europe, tellement importante dans notre ville", affirme Fabienne Keller.

Ces deux dossiers, comme celui de l?emploi, échappent pourtant en grande partie aux prérogatives du maire.

Il est vrai que sur les dossiers purement municipaux, Roland Ries a globalement tenu ses promesses : marquer une pause dans les grands équipements pour une accélération dans la création de logements et une "reconstruction" de la démocratie locale.

UN CANDIDAT "D'EXTRÊME CENTRE" POUR LE FN

Le premier objectif s?est traduit par la construction de 18.000 logements, dont la moitié dans le domaine social, et le lancement d?un programme d?urbanisation des friches reliant Strasbourg à Kehl, voisine allemande de la rive droite du Rhin.

Le concept de "densification" de l?habitat prôné par le maire sortant et son adjoint à l?urbanisme, l?écologiste Alain Jund - qui fait liste à part pour le premier tour -, valent aux deux hommes un procès en "bétonisation".

La question du deuxième tour promet d?être plus difficile à droite qu?à gauche. Si la fusion des listes PS et écologistes est programmée, si les points de divergence sont actés, tout reste à faire entre François Loos et Fabienne Keller.

Le Front national devrait jouer les trouble-fête.

Après un faux départ dû à une tête de liste jugée trop radicale ? il était question de chiens d?attaque pour la police municipale ou de rétablissement des punitions à l?école -, le parti de Marine Le Pen pourrait avoir trouvé le candidat idéal.

Jean-Luc Schaffhauser, centriste "d?extrême centre" de 58 ans qui se dit "proche de l?UMP" dont il fut brièvement membre, endosse de l?Alsace profonde les valeurs et les contradictions.

Membre de l?Opus Dei, contempteur du "bolchévisme" qui se dit "conservateur social", il affiche une foi européenne passée du fédéralisme au souverainisme.

Inconnu du grand public il y a encore six mois, il était crédité de 11% des voix par un récent sondage.

(Edité par Yves Clarisse)

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  • r.espic le mardi 18 mar 2014 à 15:54

    A l'up; on prend les mêmes et on recommence, comme au ps.