A Sarajevo, le pape appelle à la réconciliation

le , mis à jour à 14:14
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* Brève visite d'une journée, la première pour François * Le pape Jean Paul II s'était rendu deux fois en Bosnie * La Bosnie encore en proie aux divisions ethniques et religieuses (Actualisé avec messe, précisions) par Philip Pullella et Maja Zuvela SARAJEVO, 6 juin (Reuters) - Le pape François a demandé samedi aux habitants de Bosnie de rechercher la paix et l'harmonie dans un pays toujours en proie aux divisions ethniques et religieuses, vingt ans après la fin de la guerre civile. "Le cri des gens de Dieu monte une fois de plus de cette ville, le cri de tous les hommes et femmes de bonne volonté : plus jamais la guerre", a déclaré le souverain pontife lors d'une messe qui a rassemblé 65.000 personnes au stade Koevo de Sarajevo, capitale de la Bosnie-Herzégovine. François a rappelé les souffrances endurées par les Bosniens, les camps de réfugiés, les maisons et les usines détruites, les vies brisées. "Vous connaissez bien cela, en ayant fait l'expérience ici : tant de souffrances, tant de destruction, tant de douleur", a-t-il lancé en lisant son sermon en italien. Il en a profité pour à nouveau critiquer l'industrie de l'armement, condamnant "ceux qui spéculent sur les guerres dans le but de vendre des armes". Auparavant, lors d'une réunion à la présidence de Bosnie, le pape avait déclaré que les initiatives de paix entre Croates, Serbes et Bosniaques montraient que "même les blessures les plus profondes peuvent être guéries en purifiant les mémoires et en ancrant fermement les espoirs dans l'avenir." A l'aéroport, le pape a serré la main à chacun des 150 enfants habillés en costumes traditionnels représentant tous les groupes ethniques qui constituent le pays. "Je vois cet espoir aujourd'hui dans les enfants qui m'ont accueilli à l'aéroport. Musulmans, orthodoxes, juifs, catholiques et autres minorités ensemble et pleins de joie. C'est ça l'espoir. Parions sur cet espoir", a-t-il dit. Auparavant, tandis que l'avion papal atterrissait, les cloches des églises se sont mises à sonner, tandis que trois hélicoptères militaires, portières ouvertes et tireurs d'élites près à entrer en action, survolaient la piste de l'aéroport à basse altitude. SARAJEVO A "BEAUCOUP SOUFFERT" Le mois dernier, un musulman criant "Allah Akbar" a attaqué un poste de police dans l'est du pays, faisant un mort et deux blessés chez les policiers avant d'être abattu. Sarajevo a pu être autrefois considérée comme un symbole de la diversité, du temps de l'ancienne Yougoslavie socialiste. Ce séjour de 24 heures est la troisième visite effectuée par un pape en Bosnie depuis la fin de la guerre civile qui a fait 100.000 morts entre 1992 et 1995. Il y a 18 ans, en 1997, le pape Jean Paul II avait appelé au "courage du pardon" dans les ruines de la ville. Ce dernier s'était à nouveau rendu en Bosnie en 2003, à Banja Luka. A bord de son avion, le pape François a souligné qu'il se rendait en Bosnie pour rendre hommage aux morts de la guerre civile, soulignant que Sarajevo avait "beaucoup souffert" durant une grande partie de son histoire. "Maintenant, elle est sur un beau chemin de paix, a déclaré le chef de l'église catholique. "Je fais ce voyage pour parler de tout cela, comme un signe de paix et une prière pour la paix." L'arrivée du souverain pontife intervient quelque jours après l'entrée en vigueur d'un accord historique qui vise à renforcer les liens entre l'Union européenne et la Bosnie, première étape vers une possible adhésion du pays à l'UE. ID:nL6N0WI3L0 Les catholiques de Bosnie, qui sont pour la plupart des Croates, représentent 15% des 3,8 millions d'habitants du pays, qui est constitué de deux entités principales, la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine (peuplée de Croates et de Bosniaques) et la République serbe de Bosnie (Republika Srpska). Les catholiques partagent le pouvoir avec les musulmans bosniaques et les Serbes orthodoxes via un système compliqué de quotas ethniques mis en place dans le cadre des accords de paix de Dayton en 1995. Les Bosniaques souhaiteraient un Etat plus fort et centralisé, tandis que les Serbes menacent de faire sécession. Les nationalistes croates appellent à la création de leur propre entité au sein de la Bosnie parce qu'ils estiment que leurs droits sont menacés. (Avec Daria Sito-Sucic; Danielle Rouquié pour le service français)

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