A Saint-Denis, les habitants réveillés par des scènes de guerre

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SCÈNES DE GUERRE À SAINT-DENIS
SCÈNES DE GUERRE À SAINT-DENIS

SAINT-DENIS, Seine-Saint-Denis (Reuters) - Les habitants de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) se sont réveillés mercredi dans une zone bouclée par les forces de l'ordre, sans pouvoir sortir de chez eux en raison de véritables scènes de guerre qui se déroulaient dans leur quartier.

Policiers, militaires et membres des services de secours étaient déployés en nombre dans cette ville de la banlieue de Paris, où une opération a été lancée à 4h20 contre un appartement du centre-ville où se trouvaient de présumés djihadistes, dont deux sont morts dans l'assaut.

Cette intervention ciblait Abdelhamid Abaaoud, commanditaire présumé des attentats de vendredi à Paris et Saint-Denis, qui ont fait au moins 129 morts.

"A 4h25, j'ai été réveillé par un bruit assourdissant, des coups de feu", raconte Sanoko Abdulai, témoin de l'intervention de la police, qui habite à 300 mètres du théâtre des opérations.

"J'ai vu la police, les pompiers courir, ils montaient et descendaient les escaliers. Il y avait de la fumée partout avec des hélicoptères", décrit-il.

"Ça a duré 30 minutes", ajoute-t-il en précisant avoir découvert seulement après coup qu'il s'agissait de "terroristes assiégés par la police".

Deux djihadistes, dont une femme ayant activé son gilet explosif, sont morts lors de cet assaut qui a pris fin vers 11h30.

"J'ai ouvert les fenêtres et j'ai vu un policier qui courait derrière les gens et qui disait: 'Bougez pas ! Bougez pas ! Fermez les fenêtres !' On est restés à la maison mais tous les quarts d'heure on entendait des grands 'boum'. On les a entendus trois, quatre, cinq fois", relate de son côté Yasser Omar, qui habite en face du site ciblé par cette opération antiterroriste.

Les habitants du quartier avaient été appelés à ne pas sortir de chez eux.

Les policiers "ont toqué à leur porte pour leur dire de ne pas bouger et de rester chez eux, de se calfeutrer, de ne pas se mettre à la fenêtre, de ne pas prendre de risques inutiles (...), de mettre des matelas si possible sur les fenêtres et de rester au calme", raconte Sofia Azzouni, relayant ce que lui a décrit au téléphone son amie Saliha, habitante du quartier.

A la mi-journée, les rues de Saint-Denis restaient quadrillées par les forces de l'ordre et désertées par leurs habitants.

Les transports en commun, dont le métro, ont été suspendus et les établissements scolaires du centre de la ville n'ont pas ouvert.

Cinq policiers ont été blessés lors de cette opération qui s'est déroulée tout près du Stade de France, où trois kamikazes s'étaient fait exploser vendredi dernier.

Les scènes observées ces dernières heures à Saint-Denis ne sont pas sans rappeler celles de l'assaut contre Mohamed Merah dans un appartement toulousain en mars 2012.

Mohamed Merah , qui avait tué trois militaires ainsi que trois enfants et un enseignant d'une école juive de Toulouse, a été abattu par les forces de l'ordre après un siège de plus de 30 heures en 2012.

(Claire Watson et Pauline Mével, avec Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse)

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