À Rio, des cadres grossissent les rangs des SDF victimes de la crise

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Un SDF dort dans la rue à Rio, le 21 juillet 2017 ( AFP / Mauro PIMENTEL )
Un SDF dort dans la rue à Rio, le 21 juillet 2017 ( AFP / Mauro PIMENTEL )

Vilmar Mendonça a été directeur des ressources humaines dans plusieurs entreprises au Brésil, avant de rejoindre sur les trottoirs de Rio de Janeiro des bataillons de sans domicile fixe fauchés par la crise.

Cet homme de 58 ans, qui a perdu son emploi en 2015, dort désormais sur un banc en face de l'aéroport Santos Dumont.

L'ancien cadre supérieur au crâne dégarni se nourrit grâce à des ONG et a laissé ses quelques affaires dans l'agence bancaire où il garde un compte.

"C'est une situation terrible, mais je n'ai pas eu le choix", raconte à l'AFP cet homme divorcé et sans enfant d'Itajaí (sud), tout en parcourant des offres d'emploi sur son ordinateur grâce au wifi de l'aéroport.

Avec ses lunettes à fine monture, sa chemise correcte et de belles chaussures, Vilmar n'a pas le profil type du SDF de la "Ville Merveilleuse", qui a reçu les jeux Olympiques il y a un an.

Un ancien cadre devenu SDF à Rio, au Brésil, le 2 août 2017
Un ancien cadre devenu SDF à Rio, au Brésil, le 2 août 2017 ( AFP / Mauro PIMENTEL )

A la fin de 2016, la mairie de cette mégapole de 6,5 millions d'habitants comptabilisait 14.300 personnes vivant dans la rue, trois fois plus qu'en 2013, dans cette agglomération où près d'un 1,5 million d'habitants survivent dans le dénuement des favelas.

Certains ont fait des études supérieures, comme Vilmar, diplômé en droit administratif, qui a travaillé dans la filiale d'une multinationale.

Sa situation est le reflet de la cruauté de la récession qui a fait 13,5 millions de chômeurs au Brésil.

"Quand tu es dans une telle situation, personne ne veut s'approcher de toi", déplore-t-il.

- Costume-cravate -

Pendant la journée, Vilmar tente de garder la forme en faisant un peu de sport. Il se rend parfois à des entretiens d'embauche où il est souvent en concurrence avec des centaines de candidats plus jeunes que lui.

Un sans-abri à Rio, au Brésil, le 20 juillet 2017
Un sans-abri à Rio, au Brésil, le 20 juillet 2017 ( AFP / Mauro PIMENTEL )

Sur la photo de son profil Facebook, l'ancien cadre apparaît assis à un bureau en costume-cravate.

À la tombée de la nuit, il plie soigneusement sa chemise, revêt des habits plus simples, une casquette pour passer inaperçu et se couche sur un banc, dans le champ de vision des caméras de sécurité de l'aéroport.

"J'essaie de rester seul pour ne pas perdre la boussole. Si je me retrouve avec d'autres, je risque d'être en contact avec des choses dont je ne veux pas, comme l'alcool, la drogue ou la saleté", explique-t-il.

Un centre d'accueil pour les sans-abri à Rio, le 19 juillet 2017
Un centre d'accueil pour les sans-abri à Rio, le 19 juillet 2017 ( AFP / Mauro PIMENTEL )

Même si les habitants de Rio préfèrent souvent détourner le regard, le nombre de sans-abris augmente à vue d'oeil.

Dans les quartiers touristiques comme Ipanema ou Copacabana, on en trouve pratiquement à chaque coin de rue, dormant sur des cartons, enroulés dans des couvertures.

La plupart d'entre eux sont noirs, d'origine pauvre et beaucoup sont toxicomanes.

- Victimes de la corruption -

La crise financière qui a mis l'État de Rio au bord de la faillite a aussi touché de plein fouet les fonctionnaires à la retraite, dont les pensions sont régulièrement payées en retard.

Un SDF dans un centre d'accueil à Rio, le 19 juillet 2017
Un SDF dans un centre d'accueil à Rio, le 19 juillet 2017 ( AFP / Mauro PIMENTEL )

Gilson Alves, 69 ans, a travaillé 35 années durant comme manipulateur en radiologie dans un hôpital public de Rio. À cause des retards de paiement de sa retraite, il a dû quitter l'appartement qu'il louait.

Amputé d'une jambe à l'âge de 5 ans après avoir été écrasé par un tramway, il n'a jamais eu la vie facile.

Sans domicile fixe depuis deux mois, Gilson s'est fait dérober le sac qui contenait le peu d'objets qui lui restaient. Il a fini par trouver refuge dans un des 64 centres d'accueil municipaux, qui peuvent abriter jusque 2.200 personnes au total.

"Je me sens triste, humilié et blessé. J'ai travaillé tant d'années au service de l'État et je me retrouve à la rue à cause de ce gouvernement", s'insurge-t-il.

L'ex-gouverneur de Rio Sergio Cabral, connu pour son train de vie luxueux et ses virées nocturnes à Paris, a été envoyé pour 14 ans en prison pour corruption.

Des sans-abri à Rio, le 21 juillet 2017
Des sans-abri à Rio, le 21 juillet 2017 ( AFP / Mauro PIMENTEL )

En récupérant une partie des fonds publics détournés, l'État est parvenu à payer en mars les pensions en retard d'environ 150.000 fonctionnaires retraités.

"L'augmentation du nombre de sans-abris est due non seulement à la crise économique, mais aussi à l'absence de politiques publiques", dénonce Carla Beatriz Nunes, responsable d'un organe public indépendant de défense de droits de l'homme.

Cette lacune est comblée tant bien que mal par le travail d'ONG qui servent des repas et organisent même des cours de yoga pour les sans-abris.

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  • ref1929 il y a une semaine

    ca tombe bien chez nous aussi... seulement c'est pas politiquement correct d'en parler...

  • rillouto il y a une semaine

    c'est beau le liberalisme !!!! ca libere ...... les corrompus en tous genre.......

  • bearnhar il y a une semaine

    Eux aussi adulent leurs footballeurs surpayés ? Alors c'est incurable.

  • bearnhar il y a une semaine

    Ouais pierry5, c'est rien de dire que l'humanité vit légèrement au-dessus de ses moyens, et pas qu'au point de vue financier.

  • yelrambo il y a une semaine

    moi j ai rien vu !! un quoi comment !! il y a des pauvres ? ah bon ?? monde d hypocrites !!

  • bearnhar il y a une semaine

    Actuellement c'est le CO2, on ne nous parle plus que de ça, mais rassurez-vous pendant ce temps toutes les autres calamités continuent, déforestation, progression des déserts, extinction des espèces, pollution...L'humain ne perd pas la main.

  • bearnhar il y a une semaine

    Là-bas il y a une solution pour tous les pauvres, se précipiter pour terminer de raser le poumon de la planète, l'Amazonie, ça paye même pas ça permet de remplir un bol de riz. L'aberration c'est qu'un tel pays soit responsable de ce poumon qui est l'un des gages de la survie de l'humanité, et faut voir comment ils gèrent cette responsabilité, un massacre.

  • pierry5 il y a une semaine

    A l'allure où les gens s'endettent actuellement, consomment comme des malades et toute les politiques bisou-nounours des gouvernements qui donnent de l'argent gratis à tous le monde ça risque de nous arriver aussi. Aux USA, on estime à 22.000Mlds la dette de l'état et près de 40.0000 à 45000Mlds les dettes des particuliers et des entreprises.

  • pierry5 il y a une semaine

    Des gens ont gagné beaucoup d'argent, ont gaspillé et se retrouve maintenant dans les difficultés, je ne crois pas qu'il faut tellement les plaindre. C'est toujours le même principe de la Cigale et la Fourmi.

  • mxnagg il y a une semaine

    Vilmar n'a pas le profil type du SDF... En France ca ne pourrait pas arriver car on a Macron