A propos des jeux d'écriture comptable

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(lerevenu.com) - Le plus préoccupant dans les comptes annuels que publie, aujourd'hui, le constructeur tient peut-être moins à ces 5 milliards d'euros de perte nette que dans cette diminution de 5,2% à 55,4 milliards d'euros du chiffre d'affaires, dont une chute des ventes de 10,3% de la seule division automobile, l'an dernier. Dans une longue et récente enquête consacrée à PSA, le New York Times mettait en exergue le défi le plus difficile à relever pour le groupe automobile : les jeunes Français n'achètent plus de voitures. Pour des raisons diverses : premiers emplois peu rémunérés, chômage, autres centres d'intérêt (smartphones, etc.). Or, le premier marché de Peugeot et Citroën reste encore la France, le groupe s'étant tardivement implanté dans les pays émergents. 

Le quotidien américain soulignait aussi que l'on ne parlerait pas autant des succès commerciaux actuels de BMW, VW, Audi et Mercedes, dans le monde, si les premiers clients de ces constructeurs n'étaient pas d'abord les Allemands. Le noir du tableau est bien là, nul besoin d'en rajouter. En dénonçant le «jeu d'écriture comptable», la CGT désigne ces 4,7 milliards d'euros de dépréciations d'actifs de la branche automobile. Les dirigeants du groupe avaient d'ailleurs pris le soin d'annoncer, la semaine dernière, avant la publication effective des comptes précis du dernier exercice. 

Les normes comptables exigent, l'AMF l'a dernièrement rappelé, que les entreprises cotées ajustent, à l'occasion de la publication de leurs comptes annuels, la valeur économique de leur fonds propres à la réalité présente et surtout future de leur capacité bénéficiaire. Les épargnants ont droit, dans le bilan, à une valeur  patrimoniale, sinon exacte du moins très ressemblante, de la société dont ils sont actionnaires.

Le marché boursier qui fixe, lui, une estimation quotidienne à la valeur globale d'une entreprise, n'avait pas attendu la fin de l'exercice 2012 pour ajuster le tir. Le cours de l'action PSA s'est effondré de 60% en un an, à guère plus de 6 euros. La Bourse que l'on vilipende souvent pour n'être obnubilée que par le court terme ne s'était pas trompée. Elle donne au constructeur une valeur totale d'à peine 2 milliards d'euros, alors que son chiffre d'affaires dépasse les 55 milliards ! Le tableau est bien noir, mais ce n'est pas un jeu. 

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