A Philadelphie, le pape célèbre immigration et liberté religieuse

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par Philip Pullella et Scott Malone PHILADELPHIE, Pennsylvanie, 27 septembre (Reuters) - Après Washington et New York, le pape François s'est rendu samedi à Philadelphie, troisième et dernière étape de son périple américain, où il a plaidé la cause de l'immigration et de la liberté religieuse. Au cinquième et avant-dernier jour de sa visite aux Etats-Unis, le pontife argentin a célébré une messe en la cathédrale Saints-Pierre-et-Paul de la ville de Pennsylvanie, berceau de la nation américaine, avant une rencontre avec la communauté hispanique et d'autres immigrés dans l'Independence Mall. Dans ce bâtiment de briques rouges du XIIIe siècle où fut proclamée l'indépendance, le pape s'est adressé en espagnol à plus de 40.000 personnes pour plaider la cause de l'immigration, comme lors d'un discours historique prononcé deux jours plus tôt devant les deux chambres du Congrès. ID:nL5N11U3RA "Ne soyez pas découragés par les défis et les difficultés auxquels vous faites face", a déclaré François, en disant ressentir une "affection particulière" pour les immigrés. Les immigrants, a poursuivi le chef de l'Eglise catholique, "apportent de nombreux cadeaux" à leur pays d'adoption. "Vous ne devriez jamais avoir honte de vos traditions", a-t-il dit sous les applaudissements. "Je le répète, ne soyez pas honteux de ce qui fait partie de vous." L'hostilité envers l'immigration clandestine est un thème largement exploité par certains prétendants à l'investiture républicaine pour la présidentielle de novembre 2016. Donald Trump, qui fait pour le moment la course en tête au sein du Grand Old Party, promet que s'il est élu, il expulsera des Etats-Unis les 11 millions d'immigrants sans papiers. Il accuse en outre le Mexique d'envoyer des violeurs et autres criminels aux Etats-Unis. "Nous sommes tous des immigrants", a déclaré le maire démocrate de Philadelphie Michael Nutter dans son discours d'accueil au pape. "Que nous soyons arrivés il y a dix générations ou il y a dix minutes, nous ne pouvons pas laisser la xénophobie et le racisme de certains l'emporter." FANFARE POUR L'HOMME ORDINAIRE Le pape s'est également fait l'avocat de la liberté de culte. "Dans un monde où diverses formes de tyrannie moderne cherchent à supprimer la liberté religieuse, ou tentent de la réduire à une sous-culture sans le droit de s'exprimer ouvertement, ou d'utiliser la religion pour justifier la haine et la brutalité, il est impératif que les disciples des diverses religions joignent leurs voix pour appeler à la paix, la tolérance et le respect de la dignité", a-t-il déclaré. Devant l'Independence Hall, François a été salué par les roulements de timbales et les puissants cuivres de la célèbre "Fanfare for the Common man" d'Aaron Copland. Avant de quitter New York, le pape a survolé en hélicoptère la statue de la Liberté et Ellis Island, où les migrants étaient accueillis et triés à leur arrivée aux Etats-Unis. "Il était très ému", a confié le cardinal de New York Timothy Dolan à des journalistes. "Et il a dit: 'vous savez, Buenos Aires était une ville d'immigrants elle aussi'." François présidera une grande messe en plein air dimanche à Philadelphie avant de regagner lundi le Vatican. (Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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