A partir de samedi, un nouveau locataire sur cinq à Paris bénéficiera d'un loyer en baisse

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La capitale a été divisée en 80 quartiers et un loyer de référence a été défini pour chaque catégorie de logement, en fonction de ses caractéristiques. (ostill/shutterstock.com)
La capitale a été divisée en 80 quartiers et un loyer de référence a été défini pour chaque catégorie de logement, en fonction de ses caractéristiques. (ostill/shutterstock.com)

(AFP) - Redouté par les bailleurs mais très attendu par les associations de défense des consommateurs et surtout les locataires, car un nouvel emménagé sur cinq en bénéficiera, l'encadrement des loyers va débuter samedi à Paris, et va nécessiter quelques mois d'adaptation.

Instauré "à titre expérimental" et limité à la capitale où les loyers ont bondi de 42% en dix ans, ce dispositif prévoit qu'à la signature d'un nouveau bail ou lors d'un renouvellement, le loyer d'un logement ne puisse excéder de 20% un loyer de référence, ni lui être inférieur de 30%.

Selon les calculs de l'Observatoire des loyers de l'agglomération parisienne (l'Olap), cela se traduira par une baisse de loyer allant jusqu'à 50 euros pour un tiers des locataires signant un nouveau bail, de 50 à 100 euros pour un autre tiers, et supérieure à 100 euros pour le tiers restant.

Dans ce dernier tiers, la baisse sera supérieure à 240 euros pour 10% des loyers les plus chers.

La capitale a été divisée en 80 quartiers et un loyer de référence a été défini pour chaque catégorie de logement, en fonction de ses caractéristiques (nombre de pièces, époque de construction, location nue ou meublée).

Pour connaître le loyer de référence de son appartement, le locataire doit consulter la carte interactive mise en ligne par la Drihl (Direction régionale interdépartementale pour l'hébergement et le logement) https://www.referidf.com", conseille l'association de défense des consommateurs CLCV.

"En trois clics, vous aurez la réponse", dit la CLCV (Consommation, Logement, Cadre de vie), qui met en ligne mardi un guide pratique.

L'association rappelle que "dans certains cas, le bailleur peut également appliquer en sus ce que l'on appelle un +complément de loyer+, lequel n'est pas limité".

Ce complément n'est autorisé que pour les logements présentant des caractéristiques de localisation ou de confort (terrasse, vue rare, jardin...), à condition que les logements de même catégorie aux alentours, en soient dépourvus.

Un décret paru en juin "a tenté de préciser les choses, mais sa rédaction demeure sibylline", souligne la CLCV, ce qui devrait entraîner des contestations.

- "Peut-être faire une croix sur le logement" - 

Un locataire parisien qui signe un nouveau bail à compter du 1er août ou dont le bail est renouvelé expressément, doit se renseigner sur le montant maximum que son propriétaire est en droit de lui facturer.

Si le loyer demandé dépasse la limite autorisée, il peut "l'indiquer au bailleur, et faire peut-être une croix sur le logement", note la CLCV, "ou bien signer le contrat et contester ensuite".

Le locataire peut alors saisir soit la commission de conciliation soit le juge d'instance, dans un délai de trois ans à compter de la signature du bail. Il peut aussi contester, dans un délai de trois mois, le complément de loyer.

Dans les premières semaines, la Commission départementale de conciliation pourrait être engorgée par un afflux de contentieux.

Trois organisations de professionnels de l'immobilier, la Fnaim, l'Unis et l'UNPI étudient deux recours contre le dispositif - l'un d'ici le 12 août devant le Conseil d'Etat, l'autre devant le tribunal administratif de Paris -, jugeant que sa complexité fera fuir les investisseurs.

A contrario, une association de lutte contre le mal-logement présidée par le conseiller régional d'Ile-de-France EELV Julien Bayou a déposé deux recours afin d'obtenir une application plus large du dispositif.

Car l'encadrement des loyers, créé par la loi Alur de l'ex-ministre du Logement Cécile Duflot, devait entrer en vigueur dans 28 zones tendues.

Manuel Valls l'a cantonné à Paris, mais les communes volontaires peuvent l'expérimenter.

Lille, qui dispose d'un observatoire des loyers agréé, condition sine qua non pour adopter le dispositif, pourrait bientôt emboîter le pas à la capitale.

Encadrer les loyers dans "les zones où les prix sont excessifs" était l'engagement électoral numéro 22 de François Hollande.

Trois Français sur quatre y voient "un bon dispositif pour protéger les locataires", selon un sondage OpinionWay paru en juin.

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