À Paris XIVe, des riverains s'inquiètent pour l'avenir de leur quartier

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REPORTAGE - Dans le quartier Montparnasse-Raspail, une association essaie d’établir un dialogue avec la mairie. En cause : l’hôpital désaffecté Saint-Vincent-de Paul, qui pourrait accueillir 300 logements sociaux.

L’ambiance est bon enfant ce vendredi 29 mai - journée officielle de la fête des voisins - à l’angle des rues Boissonade et du boulevard Raspail, où un apéritif a été organisé entre voisins. Trois grandes tables sur des tréteaux ont été installées. On discute autour d’un verre de blanc sec, accompagné de petites parts de tartes maison, qui disparaissent des assiettes à une vitesse impressionnante. Les deux hôtes Nicolas Gusdorf et François Schlumberger - respectivement président et vice-président de l’association pour le quartier Saint-Vincent de Paul - accueillent les invités, qui atteignent plus d’une centaine de personnes aux alentours de 20 heures.

Alignées sur une bâche, une dizaine d’affiches qui comportent citations surlignées en gras, croquis, et gros titres avec une ponctuation pour le moins exclamative! Malgré la bonne humeur qui règne, cette fête des voisins est aussi l’occasion de sensibiliser le quartier à un message politique... Il concerne la réhabilitation de l’hôpital Saint-Vincent de Paul. Un site d’une surface colossale (3,5 hectares carrés) où la mairie du 14e arrondissement - et sa maire Carine Petit (PS) - souhaite construire 600 logements sur 48.000 mètres carrés dont la moitié de logements sociaux, et 20% de logements intermédiaires... Problème: les membres de l’association (qui sont 252 au total) et certaines personnes du quartier ont l’impression d’être mis à l’écart du projet de réhabilitation. Et même la sympathique venue de la maire Carine Petit, vers 21 heures, et la prise de quelques photos, selfies, et autres discussions cordiales ne parviennent pas à changer cette sensation.

L’association a adressé une lettre à Anne Hidalgo pour demander une moindre densité et un meilleur équilibre dans la mixité des usages, proposer un équipement et appeller à une écoute plus attentive de ses remarques et suggestions. «En 2010, une délibération votée en Conseil de Paris prévoyait que les usagers et les habitants de ce quartier feraient partie intégrante des discussions sur le réaménagement du quartier», explique François Schlumberger à l’assemblée, qui s’est partiellement réunie autour de lui pour observer les panneaux. «Malgré les demandes réitérérées par notre association depuis sa création (mai 2013) appellant à la concertation, rien n’a été entrepris par la mairie avant le 13 octobre 2014 par la tenue d’un «comité d’organisation de la concertation. Nous avons joué le jeu lors de la série d’ateliers de la concertation qui se sont déroulés du 12 février 2015 au 31 mars», raconte François Schlumberger. Mais malgré ces ateliers, toujours pas de satisfaction du côté des habitants... «Nous ne parlons que de la couleur des volets, et pas des sujets de fond», caricature François Schlumberger. «Nous avons un peu peur de ce qui va se passer», ajoute une habitante du quartier. «C’est vraiment dommage de ne pas profiter davantage des atouts de ce quartier», se désole une autre.

Un peu plus tard dans la soirée, une autre personnalité politique fait son apparition: Nathalie Kosciusko-Morizet, députée et présidente du groupe UMP au Conseil de Paris, qui est elle aussi une habitante du quartier et venue faire un tour à la fête. «Le projet actuel ne tient pas assez compte de toute la dimension historique du lieu et de sa symbolique... C’est un quartier chargé d’Histoire, avec ses ateliers d’artistes, son identité architecturale, et surtout un positionnement géographique idéal», explique-t-elle au Figaro. Dans sa campagne - qu’elle a perdue - pour la mairie du 14e en 2014, elle avait un projet de taille pour ce même site: en faire une Cité des Arts et des Sciences. Une ambition qui est effectivement bien différente des projets présentement discutés.

Prochaine échéance pour le quartier Saint-Vincent de Paul et ses habitants: la synthèse des premiers ateliers qui doit être remsie au maître d’oeuvre, et, à la rentrée scolaire, des échanges avec le maître d’œuvre et une nouvelle série d’ateliers.

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