A Paris, un hébergement « en CDI » pour les sans-abri

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Doru (à gauche), hébergé par les Enfant du Canal, discute avec un autre locataire du centre de la rue Vesale dans le 5ème arrondissement de Paris, le 26 janvier 2016.
Doru (à gauche), hébergé par les Enfant du Canal, discute avec un autre locataire du centre de la rue Vesale dans le 5ème arrondissement de Paris, le 26 janvier 2016.

L’association Les Enfants du canal offre des solutions durables aux SDF. Les pensionnaires de la rue Vésale, dans le 5e arrondissement, peuvent se poser pour trois mois ou pour plusieurs années.

« Il faut qu’on arrête de prendre les gens de la rue pour des bouts de viande. De les prendre sans cesse le soir pour leur demander de partir le matin ! », tempête Philippe Fernandez, « clochard » pendant plus d’une dizaine d’années. C’est aussi l’une des recommandations faites par la Fondation Abbé-Pierre dans son 21e rapport annuel, publié jeudi 28 janvier : mettre un terme au renouvellement sans fin de l’hébergement d’urgence pour des SDF brinquebalés de foyer en foyer, sans perspective de trouver un logement stable. Face à ce constat, reformulé chaque année par les associations d’aide aux sans-abri, certains centres d’hébergement tentent d’offrir des solutions durables à leurs pensionnaires. C’est le cas des Enfants du canal, rejetons des Enfants de Don Quichotte, un mouvement né en 2006 de l’occupation des bords du canal Saint-Martin.

Dans leur centre de la rue Vésale, l’ancienne permanence de Jean Tiberi, ex-maire (UMP) de Paris puis du 5e arrondissement, les travailleurs sociaux accueillent une trentaine de pensionnaires « en CDI », selon les termes de Christophe Louis, directeur de l’association. « Tant qu’ils n’ont pas de solution d’hébergement durable, ils restent ici. Il n’y a pas de durée préétablie, c’est anxiogène pour eux. »

On y est comme chez soi Certains restent pour trois mois, d’autres, plusieurs années. Occupant de la chambre 44, Doru Pavaloaie, 60 ans, est arrivé de Roumanie avec femme et enfants à la fin des années 1980. C’est un dissident politiq...

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