À Paris, on récolte des fraises sur le toit des Galeries Lafayette

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C’est un projet agricole et architectural à la fois. Végétaliser le toit des Galeries Lafayette avec une culture biologique de fraises sur 1000 m² est une manière de repenser l’immobilier et la ville. Son inventeur espère convaincre des promoteurs immobiliers.

Les touristes et les Parisiens qui se rendent sur la terrasse de l'immeuble des Galeries Lafayette boulevard Haussmann pour admirer la vue sur l’Opéra au premier plan et sur les toits de Paris les devinent à peine. Pourtant, quelques mètres au dessus d’eux, à 80 mètres au dessus des grands boulevards, une vaste culture hors sol a été installée depuis quelques mois. Elle vient d’être inaugurée et ceux qui l’ont visitée (nous y étions) ont pu goûter aux fraises qui y sont produites. En quelques mois 400 kilogrammes de fraises sont déjà sorties de ces murs végétaux.

«Nous avions déjà installé des cultures hors sol sur le toit d’immeubles à Grenoble et nous avons plusieurs projets dans la capitale, mais celui-ci est le plus grand» explique Yohan Hubert, ingénieur agronome qui a conçu ce toit végétal.

«Pour les promoteurs immobiliers, de telles installations sont utiles, elles permettent notamment de récupérer les eaux de pluie, ce qui va coûter de plus en plus cher en raison des nouvelles taxes et des obligations des constructeurs» ajoute-t-il, espérant que sa jeune entreprise, poétiquement baptisée «Sous les fraises» va séduire de nouveaux publics.

Un haut mur végétal est visible depuis la terrasse du grand magasin qui accueille le public. Sur celui-ci, la récolte des fraises se fera au moyen de poulies. D’autres murs végétaux, plus petits, à hauteur d’hommes, sont nichés encore plus haut, sur la terrasse la plus élevée de l’immeuble.

Ce sont ainsi sur 500 mètres carrés au sol, quelque 1000 mètres carrés de surface cultivée. Ils permettent aux fraisiers et aux fleurs qui sont leurs voisines (la plupart comestibles elles aussi) de pousser sans terre. Cette culture hors sol permet aux végétaux de pousser sans terre, installés sur des supports en matériaux recyclés (de la laine notamment) et nourris par des micro organismes et de l’eau, le tout géré par logiciel. Une installation dans une logique bio, sans pesticide, herbicide ou engrais chimiques.

Trois ruches ont aussi été installées pour polliniser les fleurs. Et ce sont au total 150 variétés de plantes et de fleurs qui poussent au dessus des têtes des clients du magasin. Yohan Hubert espère convaincre de grands chefs de se fournir auprès de lui. A prix d’or tout de même, puisqu’il faut compter 70 euros le kilo de ces fraises parisiennes.

Cette initiative fait suite à l’appel à projets pour des végétalisations innovantes lancé en 2013 par la ville de Paris. Son objectif? Expérimenter des procédés de végétalisation durables pour le Paris de demain, encourager les expérimentations afin de permettre aux espèces animales et végétales de s’installer en ville.

C’est aussi une manière de rafraîchir un immeuble en réduisant les îlots de chaleur, de masquer des structures peu esthétiques, de donner des idées aux autres, d’innover. Un rêve en pleine ville? Yohan Hubert ne dévoile pas le coût d’un tel projet, se bornant à expliquer qu’«il est moins cher qu’un beau tracteur céréalier». Il est en tout cas convaincu d’être un précurseur d’une nouvelle manière de concevoir la ville de demain. Et prouve qu’en France on a bel et bien des idées.

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  • lsleleu le mercredi 17 juin 2015 à 11:00

    Voila une bonne idée ! je suppose que la pollution ne se met pas sur les fraises ...