À Paris, le projet «voies sur berge» sous surveillance

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Le préfet de police a assuré qu'il se donnera 4 à 6 mois pour juger des effets de la fermeture des quais sur la circulation.


Séance fleuve autour des voies sur berge au Conseil de Paris, mardi, en fin d'après-midi. Pas moins de 18 interventions d'élus de l'opposition, un record du genre. Chacun voulait donner son avis lors de cette ultime étape du projet d'aménagement des rives de la Seine. Les élus étaient invités à voter sur le rapport de l'enquête publique mais aussi à autoriser Bertrand Delanoë à passer les marchés des différents travaux. C'est dans un hémicycle étrangement clairsemé que se sont déroulés ce débat et ce vote important pour la Ville, en l'absence de Bertrand Delanoë, pourtant très attaché à ce projet emblématique de sa seconde mandature.

Chiffré à 35 millions d'euros d'investissement et 5 millions d'euros de fonctionnement annuel, ce projet consiste à fermer à la circulation les quais rive gauche du pont Royal au pont d'Iéna, tandis que les quais rive droite seront transformés en boulevard urbain. Cerise sur le gâteau, un emmarchement descendra en aplomb du Musée d'Orsay et des îles artificielles flotteront au large du port du Gros-Caillou. Qualifiant le projet de «mi-chemin entre fête foraine et Paris Plages», Jean-François Lamour, président du groupe UMPPA, a souligné qu'il était «lourd de conséquences en terme de budget, de circulation et de sécurité».

Impact sur la circulation

Mardi, rien n'a été oublié: ni le coût des différents équipements ni l'impact sur la circulation. Les élus de l'opposition se sont notamment appuyés sur les différentes réserves et recommandations explicites du rapport de la commission d'enquête pour fustiger l'absence d'expérimentation et le manque de contrepartie sur les transports en commun. Et ils ont martelé que le rapport du commissaire enquêteur a recueilli lors de l'enquête publique au c½ur de l'été... 78% d'observations défavorables. Élu UMP du XVIIe, Laurence Douvin a demandé un premier point de l'impact sur la circulation au bout de six mois. Surtout, elle a demandé au maire et au préfet de police de Paris sur quels critères seraient fait cette évaluation.

Intervenant à la tribune, le préfet de police, Michel Gaudin, a demandé l'installation de la vidéoprotection sur les berges, ce qui coûtera 300.000 euros. Et réaffirmé que «l'État inscrira dans toutes ses conventions avec la Ville, une clause suspendant l'affectation routière et permettant la réversibilité d'usage de la circulation générale». Précisément, il craint «une congestion exorbitante entraînée par le projet notamment au niveau et aux abords du pont de la Concorde.» Et le préfet se donne un délai de 4 à 6 mois d'observation pour évaluer les effets véritables sur le trafic.

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