À Paris, la Poste de la rue du Louvre entame sa mue

le
0

Le chantier qui vient de débuter durera deux ans et demi. Début 2018, le bâtiment accueillera aussi des HLM et un hôtel…

Les Parisiens qui ont l’habitude de fréquenter la Poste du Louvre, ouverte 24 heures sur 24 pour expédier un courrier tard le soir, doivent changer leurs habitudes. Depuis le 19 mai, le mythique bureau, situé dans le Ier arrondissement, est fermé. Ce bâtiment, construit à la fin du XIXe siècle, est en pleine rénovation. Une reconversion à 140 millions d’euros confiée par La Poste à l’architecte Dominique Perrault, auteur notamment de la BNF (Bibliothèque nationale de France) dans le XIIIe arrondissement.

Le chantier, qui vient de commencer, durera deux ans et demi. Pour l’instant, on est  en train de «curer» le bâtiment - autrement dit le nettoyer - et le centre de distribution du courrier qui sert les quatre premiers arrondissements fonctionne encore, avec 650 salariés. Mi-novembre, ces postiers déménageront et la phase de construction proprement dite débutera.

Début 2018, le bureau de poste rouvrira. Toujours 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. En revanche, le reste de l’immeuble (35.000 m² en tout) aura été transformé pour accueillir de nouvelles activités. En attendant, un bureau de poste provisoire, rue Étienne-Marcel, accueille les usagers, avides de grandes amplitudes horaires. «Depuis la deuxième moitié des années 2000, des plateaux se sont libérés dans le bâtiment rue du Louvre suite au transfert de centres de tri en banlieue, explique Christian Cléret, directeur général de Poste Immo, propriétaire des lieux. Il fallait donc réfléchir aux nouvelles activités qu’on pouvait y proposer.»

Retard à l’allumage

En 2007, l’idée était d’y transférer le Musée de la Poste, installé dans le XVe arrondissement, boulevard Vaugirard, à côté du siège du groupe public. Mais la crise de 2008 et la chute du courrier sont passées par là, obligeant l’entreprise à serrer les boulons et à imaginer un projet générant des revenus. Résultat, dans l’immeuble qui rouvrira 2018, il y aura au dernier étage un boutique-hôtel 4 étoiles avec 80 chambres. L’établissement sera exploité par Elegancia, qui compte déjà une dizaine d’établissements de luxe dans la capitale. À côté, un restaurant «tendance» avec terrasse, géré par l’entrepreneur Laurent Taïeb, le fondateur de Kong, une cantine branchée sur le toit de la Samaritaine à Paris. Un étage accueillera des bureaux sur 10.000 m² et qui seront mis en location.

Au rez-de-chaussée, on retrouvera le fameux bureau de poste mais aussi des services pour les riverains (un commissariat de police, un espace de coworking, une halte-garderie, quelques commerces et une zone de stockage de colis destinés à être livrés dans les quartiers avoisinants). Au programme également, des logements sociaux. Enfin, un étage entier sera occupé par des activités postales. «Le centre de distribution du courrier sur les quatre premiers arrondissements parisiens reviendra s’y installer», affirme Christian Cléret.

Envisagé depuis très longtemps, ce projet de rénovation aura donc mis plusieurs années avant d’être décidé et lancé. Résultat, la livraison du bâtiment revu et corrigé, un moment envisagée en 2016, n’interviendra qu’en 2018. Il a fallu franchir bien des obstacles pour rendre cette opération inéluctable. Comme souvent dans la capitale, une association protectrice des vieilles pierres, Paris Historique, s’est opposée à cette reconversion qui, selon elle, faisait fi de l’armature métallique de l’immeuble. Elle a longtemps bataillé pour faire classer le bâtiment. Si la procédure avait abouti, La Poste aurait dû revoir son projet. Avec, à la clé, au minimum, quelques mois de retard.

La Poste a dû ausi dialoguer avec ses partenaires sociaux, pas ravis du projet. «Nous aurions préféré que le bâtiment garde une vocation purement postale», résume un syndicaliste SUD PTT. Enfin, l’entreprise a dû composer avec la mairie de Paris qui souhaitait profiter de cette rénovation pour implanter un maximum de services de proximité. Mais ce travail de fourmi aura permis d’améliorer la valeur de ce bâtiment. «Une fois rénové, il devrait valoir plus de 200 millions d’euros», conclut Christian Cléret.

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant