À Paris, la Canopée des Halles bientôt achevée

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Cette «peau de verre diaphane» formée de 16.000 «écailles» devrait ouvrir en 2016. À l’intérieur, 7050 mètres carrés d’équipements culturels et plus de 8000 mètres carrés de commerces.

«Un vrai plat de nouilles». C’est avec une pointe d’ironie qu’Adrien Lebret décrit le complexe chantier de rénovation des Halles, au coeur de Paris, des travaux d’une ampleur inédite dont il supervise une partie, la Canopée, une vaste toiture faite d’écailles de verre et d’acier. C’est en 2016 que les Parisiens pourront déambuler sous ce gigantesque voile aux formes courbes, conçu par les architectes Patrick Berger et Jacques Anziutti car pour l’heure, quelque 300 ouvriers s’activent encore sur le chantier entamé en juillet 2012.

Des travaux très complexes, car réalisés «en site occupé»: les Halles y sont reconstruites tout en conservant une activité permanente, pour un coût global estimé à 1,064 milliard d’euros TTC -alourdi par la dépollution et le désamiantage de certaines installations -, dont 236 millions consacrés à la construction de la Canopée. Deux nouveaux bâtiments se superposent à un vrai millefeuille: le plus vaste centre commercial de Paris, le Forum des Halles, et la gare souterraine la plus fréquentée d’Europe, Châtelet-Les-Halles, avec 800.000 voyageurs quotidiens. D’où des chantiers qui se croisent et s’entrelacent, multipliant les contraintes.

«Il y a là un noeud de transports souterrains d’une grande densité, bordé par quatre grands axes routiers, ce qui en fait l’un des plus grands plateaux piétons d’Europe», explique Adrien Lebret, directeur des travaux du groupe d’ingénierie Ingerop, en faisant visiter le chantier. «Mais il y a aussi différents établissements recevant du public (ERP): une préfourrière, des parkings, l’ancien et le nouveau Forum, etc. On est dans un système complexe avec des entités enchevêtrées... Un vrai plat de nouilles!». La Canopée, qui se superpose à ces strates de vie souterraine, est une enveloppe colossale aux formes d’inspiration végétale, d’une hauteur de 14,5 mètres pour une portée de 96 m, et qui couvre près de 2,5 hectares. En 2007, le projet avait remporté un concours d’architecture.

Installation des commerçants d’ici la fin de l’année

Cette «peau de verre diaphane» formée de 16.000 «écailles», comme la décrit M. Lebret, coiffe deux nouveaux bâtiments abritant des équipements culturels (7.050 m2): un conservatoire de danse et de musique, une bibliothèque, un pôle des pratiques amateurs et un centre de hip hop, mais aussi des commerces (8.500 m2). Sa teinte jaune varie légèrement selon l’ensoleillement et l’angle de vision et doit filtrer les UV pendant les fortes chaleurs, tandis qu’un récepteur central va collecter les eaux de pluie, qui aboutiront dans une petite cascade.

La Canopée protègera des intempéries, mais pourrait ne pas s’avérer tout à fait étanche... si la pluie s’accompagne de vent fort. Soutenue par une impressionnante charpente d’acier de 7.000 tonnes, elle a nécessité l’ajout de 14 poteaux, tandis que ceux existants étaient renforcés en étant soulevés - ainsi que le Forum tout entier! - de quelques millimètres grâce à des machines. Pour mener à bien cette construction technique, la modélisation en 3D a été d’une grande aide, en permettant de simuler les contraintes prévisibles du site, en prenant en compte tous les «flux»: foule, vent, pluie.

Les prochaines étapes sont l’installation des commerçants, prévue «à la fin de l’année» dit Unibail-Rodamco, pour une ouverture des nouvelles boutiques (faisant passer leur total de 115 à 150) en janvier, suivie deux mois plus tard, de celle des équipements culturels. Quant aux travaux en sous-sol, de restructuration des gares RER et du métro, ils ne s’achèveront qu’à la mi-2016.

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