À Paris, l'inquiétude des mangeurs de sushis

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Depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima, les restaurants japonais constatent une baisse significative de leur fréquentation. En cause, une crainte des clients quant au risque radioactif. Dans la plupart des cas pourtant, aucun ingrédient ne provient du Japon.

Au Kiriko, un restaurant japonais du IXe arrondissement de Paris, ce cuisinier est formel : depuis la catastrophe de Fukushima, «la fréquentation a baissé de 20 à 30%». A quelques mètres à peine, au Yokohama, le constat est le même. Autre arrondissement, chiffres identiques : au Kyotori, entre la place de la Bourse et celle de l'Opéra, «on a perdu un tiers de la clientèle». Même s'il refuse de communiquer sur son chiffre d'affaires, le responsable d'un autre restaurant japonais témoigne : «Depuis quelques jours, pas mal de clients nous demandent des certificats sur l'origine des poissons que nous utilisons dans nos sushis.»

Aurélien, un jeune Lillois de 26 ans, fait partie de ces nombreux méfiants. «Déjà en temps normal, quand on voit les reportages à la télévision sur les restos asiatiques, ça laisse dubitatif. D'où viennent les poissons, les algues, les sauces, le riz... ? On n'en sait rien.»

Peu de poissons japonais importés en France

L'ignorance des consommateurs sur la provenance des produits utilisés, c'est justement ce que combat Alain Bailly, directeur des Comptoirs océaniques, une société implantée à Rungis et fournissant pas moins de 300 restaurants de sushis. «Le manque de communication et de transparence suscite chez les consommateurs un profond sentiment de doute et d'inquiétude, alors qu'en réalité, on n'importe quasiment rien du Japon.» De quoi pousser cette entreprise à envoyer un communiqué à tous ses clients, en rappelant que «le saumon vient de Norvège, le thon de l'océan Indien, la daurade de Méditerranée, les maquereaux et mulets de France...». Un rappel que certains restaurateurs n'ont pas hésité à placarder sur leurs vitrines. En fait, parmi les produits couramment utilisés dans la cuisine japonaise, seules certaines algues ainsi que le wasabi proviennent du pays du soleil levant. «Et encore, on peut très bien en trouver en provenance des Etats-Unis, de Chine ou de Corée», assure Alain Bailly.

Contactée, la Commission européenne rappelle de son côté que depuis la fin du mois de mars, tous les produits alimentaires issus de la zone proche de Fukushima font l'objet de contrôles sanitaires renforcés au départ du Japon, et sont à nouveau examinés à leur arrivée sur le territoire européen. Quant au ministère de l'Agriculture et de la Pêche, ses services soulignent que seules 450 tonnes de produits de la mer japonais ont été importées en France en 2010.

VOTRE AVIS - Avez-vous freiné votre consommation de produits alimentaires japonais ? Êtes-vous confiant quant à la provenance des aliments ? Continuez-vous à vous rendre dans les restaurants japonais sans inquiétude ? Faites-nous part de votre avis dans les commentaires ci-dessous ou par email à l'adresse temoin@lefigaro.fr.

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