A-PAPIER-Présidentielle en Haïti un mois après l'ouragan Matthew

le
0
    par Makini Brice 
    PORT-AU-PRINCE, 18 novembre (Reuters) - Les Haïtiens sont 
appelés aux urnes dimanche pour désigner un nouveau chef de 
l'Etat après l'invalidation pour fraude de l'élection 
présidentielle organisée en octobre 2015. 
    Le contexte est peu propice à la tenue d'un scrutin dans un 
pays meurtri par le passage début octobre de l'ouragan Matthew 
qui a fait un millier de morts, détruit des récoltes et provoqué 
une épidémie de choléra. 
    Après une année d'incertitude politique, les enjeux de cette 
élection se focalisent sur le redressement de l'économie et sur 
la création d'emplois. Aujourd'hui, 1,4 million d'Haïtiens sont 
toujours dépendants de l'aide humanitaire. 
    Les dégâts provoqués par l'ouragan pourraient peser sur la 
participation d'électeurs déjà mécontents de la lenteur avec 
laquelle l'assistance aux victimes est mise en place. 
    "Tout le monde parle de l'élection. Mais il n'y a pas un 
candidat pour lequel je veux voter", se désole Joseph Jeanvinil, 
employé dans un sanatorium à Las Cayes, sur côte sud-ouest. 
    "Je suis toujours dans ma maison qui a été détruite. Je n'ai 
pas encore trouvé d'argent" pour réparer les dégâts provoqués 
par l'ouragan, ajoute-t-il. 
     
    UNE VINGTAINE DE CANDIDATS 
    Le premier tour de l'élection présidentielle qui s'était 
tenu le 25 octobre 2015 avait été invalidé par un conseil 
électoral sur recommandation d'une commission mise en place pour 
examiner les accusations de fraude. 
    Le président sortant, Michel Martelly, avait quitté ses 
fonctions au mois de février et un président intérimaire, 
Jocelerme Privert, avait été désigné tandis qu'un gouvernement, 
conduit par l'ancien gouverneur de la banque centrale Fritz 
Alphonse Jean, était chargé d'organiser une nouvelle élection. 
    Celle-ci devait se tenir le 9 octobre mais le passage de 
Matthew a obligé les autorités à décider un report. 
    Une vingtaine de candidats sont en lice, dont Jude Célestin, 
directeur d'une entreprise publique de BTP, et Moïse 
Jean-Charles, un ancien sénateur. 
    Un récent sondage de l'institut Brides montre que Jovenel 
Moïse, un chef d'entreprise peu expérimenté en politique, 
pourrait l'emporter dès dimanche sous la bannière du parti Tèt 
Kale ("Tête chauve") de Michel Martelly. 
    Pour être élu dès le premier tour, un candidat doit obtenir 
plus de 50% des suffrages ou disposer d'une avance de plus de 25 
points sur le candidat arrivé en deuxième position. 
    A défaut, les deux meilleurs prétendants s'affronteront lors 
d'un second tour prévu le 29 janvier. Le vainqueur devrait 
prendre ses fonctions en février. 
    "La question principale est de savoir si les candidats qui 
ne se qualifieront pas pour le second tour reconnaîtront les 
résultats comme légitimes", se demande Robert Fatton, analyste 
politique spécialiste d'Haïti à l'Université de Virginie. 
    "J'ai de sérieux doutes à ce sujet. Et il se peut qu'on se 
dirige vers une nouvelle crise post-électorale". 
 
 (Pierre Sérisier pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant