A Osny, un groupe de détenus « radicalisés » découvre les vertus du dialogue

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« Le Monde » a pu rencontrer des détenus ayant participé à un programme pilote de lutte contre la radicalisation en prison.

« Avant, je ne parlais pas aux femmes », « Avant, je n’aimais pas les juifs », « Avant, j’étais en Syrie »… Dans une petite salle de la prison d’Osny (Val-d’Oise), neuf détenus assis en cercle sur une chaise racontent leur parcours au premier journaliste autorisé par l’administration pénitentiaire à les rencontrer dans le cadre d’un reportage. Ils constituent le premier groupe de détenus à s’être portés volontaires pour une expérience pilote de lutte contre la radicalisation islamiste en prison.

Barbe fournie et survêtement du PSG, Noureddine (les prénoms ont été modifiés), 37 ans, a été condamné à huit ans de détention pour avoir administré un site djihadiste. Face à lui, Ahmed, 24 ans, est rentré traumatisé de son escapade dans les rangs de l’Etat islamique. A sa gauche, Fatih, 20 ans, aussi chétif qu’introverti, avait stocké chez lui un arsenal de petit chimiste pouvant servir à fabriquer des explosifs. Outre ces trois hommes incarcérés pour « terrorisme », le groupe se compose de détenus de droit commun signalés pour radicalisation et de « leaders positifs » réputés pour leur aptitude à dialoguer.

« On tâtonne » Ce programme a été initié en avril par l’Association Dialogues citoyens et l’Association française des victimes du terrorisme (AFVT). Il doit servir de méthodologie au cursus qui sera mis en place dans les futurs « quartiers dédiés » – réservés aux éléments les plus radicaux – qui seront inaugurés entre janvier et mars dans cinq établissements pénitentiaires.

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