A nouveau embourbé, Hollande cherche des recettes pour 2017

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    * L'interminable débat sur la déchéance plombe Hollande 
    * Un remaniement attendu prochainement 
 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 3 février (Reuters) - Piégé par l'imbroglio sur la 
déchéance de nationalité, plombé par un chômage record et menacé 
par une grave crise agricole exploitée par l'opposition, 
François Hollande cherche, via un remaniement et un nouveau 
positionnement, à retrouver du souffle à quatorze mois de 
l'élection présidentielle.      
    Alors qu'une embellie pointait en décembre au sortir de la 
conférence sur le climat et des élections régionales, tout se 
tend à nouveau pour le président, une semaine après le départ en 
fanfare de la ministre de la Justice, Christiane Taubira. 
    A l'origine de cette démission sur un "désaccord politique 
majeur", l'inscription de la déchéance de nationalité dans la 
Constitution, objet de joutes à droite comme à gauche au point 
de faire douter de son adoption, qui requiert une majorité des 
trois cinquièmes au Parlement réuni en Congrès.    
    Depuis que François Hollande a annoncé le 16 novembre à 
Versailles qu'il souhaitait étendre la déchéance de nationalité 
aux binationaux nés français, le gouvernement s'est livré à une 
valse-hésitation, changeant encore de position mercredi pour 
tenter d'apaiser sa majorité sans convaincre la droite. 
    Le débat colle comme un sparadrap aux basques de l'exécutif, 
"donnant le sentiment aux Français qu'on ne fait que ça, qu'on 
ne s'occupe pas de leurs préoccupations", soupire une députée. 
    "En 10 jours, on a changé de l'or en plomb", déplore une 
ministre. "Le coup politique magistral de François Hollande au 
Congrès de Versailles se retourne".     
    Un autre membre du gouvernement met en garde contre un 
enterrement, au final, de cette initiative présidentielle. "S'il 
n'y a pas de Congrès, ce sera considéré comme un échec pour 
François Hollande, qui n'aura pas réussi à rassembler sur un 
sujet aussi important", prévient-il.  
    Pour un haut responsable du Parti socialiste "le président 
cherche à sortir de l'impasse, bien conscient que la situation 
politique est d'une volatilité incroyable."   
     
    FABIUS ET PINEL SUR LE DÉPART  
    Dans cette atmosphère crispée, la cote de confiance de 
François Hollande chute : moins dix points en un mois par 
exemple, à 26%, dans le baromètre Ifop-Fiducial pour Paris Match 
et Sud Radio paru mercredi. [nL8N15H4BZ) 
    "Le président ne laisse jamais rien paraître mais il trouve 
la situation actuelle complexe. Il essaie de trouver des chemins 
et le remaniement en fait partie", dit une ministre. 
    Le vote de l'Assemblée sur la réforme constitutionnelle, 
mercredi prochain, pourrait lancer le compte à rebours.  
    Petit - seulement technique - ou grand - plus politique -, 
le prochain remaniement attendu ce mois-ci devrait concerner au 
moins deux ministères : les Affaires étrangères et la Ville.     
    Laurent Fabius est donné partant pour la présidence du 
Conseil constitutionnel, renouvelée en mars.   
    Au Quai d'Orsay, on décrit un ministre "déjà sur le départ". 
Pour le remplacer, les noms des anciens ministres Hubert Védrine 
et Elisabeth Guigou circulent, tout comme ceux de Ségolène 
Royal, Michel Sapin et Matthias Fekl.  
    Un diplomate ne croit pas à l'hypothèse d'un glissement de 
ce dernier, actuellement secrétaire d'Etat au Commerce 
extérieur, vers la tête du ministère.  
    "Dans le contexte actuel, instable et dangereux, il faut une 
personnalité qui rassure, que les gens identifient. Matthias 
Fekl c'est une révélation, mais il n'est pas encore connu du 
grand public", analyse-t-il. 
    Un responsable du Medef prédit quant à lui pour Matthias 
Fekl "un rôle assez important" dans le prochain gouvernement, 
"comme arme anti-Macron". Il le décrit comme "un libéral, en 
même temps plus ancré à gauche." 
    Chahuté sur ses propos jugés trop à droite par une partie 
des socialistes, mais toujours populaire, le ministre de 
l'Economie devrait rester dans la nouvelle équipe, malgré son 
souhait exprimé d'engager des réformes plus audacieuses. 
     
    "LE PRÉSIDENT DOIT S'EXPRIMER" 
    Au ministère du Logement, l'élue radicale de gauche (PRG) 
Sylvia Pinel va partir pour se consacrer à la région 
Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, dont elle est 
vice-présidente.  
    L'entrée au gouvernement du président du PRG Jean-Michel 
Baylet, ne fait plus de doute. Est aussi évoquée l'arrivée du 
très populaire Nicolas Hulot, ex-envoyé spécial du président de 
la République pour la protection de la planète.  
    L'arrivée d'écologistes - le nom d'Emmanuelle Cosse est 
cité, même si cette dernière pose ses conditions - donnerait un 
signe à une gauche divisée dans la perspective de 2017.  
    Stéphane Le Foll (Agriculture) ne cache pas son envie de 
changer mais, comme le dit un de ses collègues, "on ne remanie 
pas pour faire plaisir à ses ministres."  
    Au-delà du remaniement, François Hollande doit trouver le 
ton et les thèmes à même de répondre aux crises morales et 
économiques actuelles, sur fond de menaces sécuritaires.  
    "François Hollande doit occuper un terrain social et 
sociétal. Dans une période où la lutte contre le chômage ne 
donne pas de résultat, il doit avoir un message sociétal 
crédible", dit un ministre. "Le président doit s'exprimer." 
    Pour soutenir cette dernière année pleine du quinquennat, 
deux textes importants sont en préparation : la loi sur le 
travail, qui sera présentée en conseil des ministres le 9 mars 
et la loi égalité-citoyenneté.  
    Les grands thèmes de gauche ne sauraient être enterrés, 
affirme un ministre "toujours au combat".  
    "Si le chômage baisse, je suis intimement convaincu que 
remonteront à la surface le bilan à gauche de ce quinquennat, du 
mariage pour tous au remboursement à 100% de l'IVG en passant 
par le tiers payant", dit-il.   
 
 (Avec Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • milano12 il y a 10 mois

    on change des brèles pour d autres brèles hulot cosse baley c est dans la boite

  • frk987 il y a 10 mois

    On a l'esprit aussi mal tourné l'un que l'autre NYORKER !!!!!

  • NYORKER il y a 10 mois

    Pourtant il n'est pas dans le quartier du Marais pour s'embourber , quoi que ...

  • NYORKER il y a 10 mois

    embourbé , il l'est depuis le début

  • coburnsw il y a 10 mois

    le tiers payant est deja en existance de fait teletrans executée chaque jour avant le debit d un reglement par cheque ce tiers payant a démotivé les medecins generalistes qui se desengagent de plus en plus la socialie est un desastre pour notre pays

  • frk987 il y a 10 mois

    J'aime le terme "embourbé", Reuters n'est pas l'AFP, sinon le journaleux aurait eu droit à pointer éternellement au chômage.

  • boudet il y a 10 mois

    Il peut tout essayer, il est grillé. Chômage, croissance, responsabilité, décision,... beaucoup de mots prononcés et beaucoup trop de promesses déçues.