A Nice, le traumatisme d'une ville qui se voulait modèle

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NICE, VILLE QUI SE VOULAIT MODÈLE AUJOURD'HUI TRAUMATISÉE
NICE, VILLE QUI SE VOULAIT MODÈLE AUJOURD'HUI TRAUMATISÉE

NICE (Reuters) - L'attaque de jeudi soir à Nice a frappé une ville qui se présentait comme un modèle en matière de sécurité et se veut le poumon touristique de la Côte d'Azur.

Le chef-lieu des Alpes-Maritimes s'est réveillé en état de siège au lendemain de cette attaque commise par un homme de 31 ans, qui a lancé son poids lourd sur la foule massée le long de la Promenade des Anglais pour les festivités du 14-Juillet, laissant au moins 84 morts sur son passage.

Depuis, l'avenue qui longe la "prom" a été en partie fermée à la circulation, l'accès aux plages interdit et les événements culturels prévus ces prochains jours - un concert de la chanteuse Rihanna et un festival de jazz - ont été annulés.

La ville, vers où convergent environ quatre millions de visiteurs par an selon l'Office du tourisme, est comme en suspens, alors même qu'on entrait dans le coeur de la saison estivale. Des hôteliers ont signalé des départs anticipés de clients et des annulations.

Toujours selon les données de l'Office du tourisme, qui présente la ville comme la deuxième destination de France après Paris, le secteur assure à Nice environ 1,5 milliard d’euros de retombées économiques par an.

"Le contexte est inédit, c'est le troisième gros attentat qui frappe la France en 18 mois", dit Vanguelis Panayotis, directeur du Développement chez MKG Hospitality. "Il faut s'attendre à une baisse d'au moins 30% du tourisme en France dans le mois à venir, les 30 prochains jours. C'est une baisse que nous avons déjà constatée après les attentats de novembre. L'impact économique va être important", ajoute-t-il.

La notoriété de la deuxième ville de Provence-Alpes-Côte-d'Azur en nombre d'habitants en a fait une cible toute désignée, d'après François Hollande. "Pourquoi Nice ? Parce que c'est une ville mondialement connue, l'une des plus belles villes de la planète", a déclaré le chef de l'Etat lors d'une allocution à la préfecture des Alpes-Maritimes.

L'attentat a par ailleurs mis à l'épreuve le dispositif sécuritaire de la ville, dont Christian Estrosi a voulu faire un laboratoire en la matière lors de ses huit années de mandat à la mairie, jusqu'à sa démission le mois dernier.

PLUS DE 1.200 CAMÉRAS

Sous l'impulsion de l'ancien maire, désormais président du conseil régional, la commune a renforcé sa police municipale, qui compte aujourd'hui environ 400 agents épaulés par 160 agents de surveillance de la voie publique. Christian Estrosi avait fait du développement de la vidéosurveillance un autre pilier de sa politique de sécurité et multiplié par plus de cinq le nombre de caméras dans les rues. Il y en a plus de 1.200 aujourd'hui.

"Le réseau de vidéosurveillance que nous, collectivités, avons mis en place a permis sans aucun doute de remonter jusqu'au lieu où le barbare est monté à bord de son véhicule, un lieu assez éloigné d'ailleurs de l'endroit où il a commis ce carnage", a dit vendredi matin Christian Estrosi.

Avant l'Euro de football, qui s'est achevé dimanche dernier, le maire avait demandé sans succès l'autorisation au gouvernement de pouvoir utiliser un dispositif de reconnaissance faciale destiné à sécuriser la "fan zone".

Le système était prêt à l'emploi, affirmait-il, mais il fallait pour pouvoir le mettre en oeuvre obtenir le droit d'accéder aux fichiers des personnes recherchées ou dangereuses, ce que la loi interdit.

Nice était en outre la seule ville hôte du championnat d'Europe à avoir installé des portiques détecteurs de métaux à l'entrée de la "fan zone" de l'Euro.

Toujours soucieux d'améliorer le dispositif, les élus niçois ont équipé en mai toutes les salles de spectacle d'un bouton d'alerte "anti-Bataclan", qui permet aux forces de police de recevoir en direct les images de vidéosurveillance de ces établissements en cas d'attaque.

(Matthias Galante, avec Reuters TV, Simon Carraud et Raphaël Bloch à Paris, édité par Sophie Louet)

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