À New York, une campagne web musclée attaque Airbnb

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VIDÉO - Des élus locaux, hôteliers, et activistes du logement ont lancé une campagne web à 3 millions de dollars. Une vidéo très virulente dénonce la face cachée d'Airbnb, notamment coupable d'aggraver la crise du logement. Airbnb a répondu.

Souvent très plébiscité par ses utilisateurs, la plateforme de location immobilière entre particuliers Airbnb n'a pourtant pas que des amis. Au contraire. Accusée - entre autres - de violer la loi et d'aggraver encore davantage la crise du logement, un petit groupe hétéroclite composé d'hôteliers, de politiciens et d'activistes du logement ont décidé de frapper un grand coup: la campagne «Share Better», très virulente, s'attaque frontalement au site. La vidéo mise en ligne sur le site sharebetter.org n'y va pas par quatre chemins.

Son contenu: une multitude de commentaires péjoratifs observés sur Airbnb mis en images et en scène dans cette vidéo d'1 minute 20. Au menu: des souris mortes dans les placards, des punaises dans le lit, un frigo rempli de moisi, des serviettes de bain trouées... et autres perspectives peu réjouissantes, auxquelles vous vous exposez de facto en utilisant Airbnb. L'objectif: dégoûter les futurs clients potentiels d'Airbnb et les encourager à ne pas passer par le site pour se loger. Le site va même plus loin avec une page dénommée «horror stories» (histoires d'horreur) qui recense les témoignages d'utilisateurs déçus par le service. Coût total de la campagne: trois millions de dollars.

«Loin d'être un service sans danger permettant aux habitants de New York de partager leurs maisons avec des invités, Airbnb permet aux locataires New-Yorkais d'enfreindre la loi, de violer leurs baux locatifs. Il aggrave la crise du logement dans nos quartiers et pose de graves problèmes de sécurité publique pour les clients, les hôtes, et leurs voisins», peut on lire sur le site officiel, sharebetter.org.

Du côté de chez Airbnb, on ne compte pas se laisser faire. Le site a répliqué par le biais de son directeur des relations publiques, Max Pomeranc. «Quelques hôtels mal informés dépensent des millions pour empêcher les New-yorkais de partager la maison où ils vivent (...) La communauté Airbnb génère quelque 768 millions de dollars et 6 600 emplois», explique-t-il, en soulignant que la plateforme avait d'ores et déjà éradiqué beaucoup d'utilisateurs - sans toutefois donner de chiffres - qui profitent d'Airbnb pour louer des biens en état douteux.

Pour le moment limitée à New-York, il n'est pourtant pas interdit de penser que cette fronde puisse traverser les frontières américaines. Le Figaro rapportait il y a quelques jours qu'en Espagne, le président du groupe hôtelier Room Mate a pour sa part choisi de tirer profit du modèle économique d'Airbnb. Il a lancé le site Bemate.com, qui combine le professionnalisme de l'hôtellerie avec l'aspect collaboratif: il propose des appartements de particuliers avec des services hôteliers dispensés par du personnel spécialisé. «Le logement collaboratif enrichit le tourisme. Les hôtels et les appartements doivent apprendre à coexister librement», a notamment expliqué au Figaro Enrique Sarasola.

Une initiative judicieuse, lorsqu'on sait qu'entre 2007 et 2013, la location d'appartements aux touristes a augmenté de 44%, tandis que les réservations hôtelières classiques n'ont progressé que de 4,5%. Rien que dans la capitale, c'est près de 30.000 logements parisiens qui ont été détournés de leur vocation.

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