A Neuilly, l'hôtel particulier de Jacques Servier bientôt remplacé par des HLM

le
6

INFO LE FIGARO. A la demande de la préfecture des Hauts de Seine, la ville de Neuilly-sur-Seine appliquera le droit de préemption pour raser la demeure du patron des laboratoires Servier et y installer 30 logements sociaux.

Alors que le gouvernement martèle depuis plusieurs mois sa volonté de forcer les mauvais élèves du logement social à augmenter leur offre, il va s’offrir une prise de choix à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Et par n’importe où: en lieu et place de l’hôtel particulier de Jacques Servier, fondateur du groupe pharmaceutique éponyme, décédé à 92 ans en avril 2014.

A deux pas du bois de Boulogne, le quartier était plutôt habitué aux voisins prestigieux. Le bâtiment couvert de glycine, occupé par le patron associé au scandale du Mediator, donne désormais sur la fondation Vuitton et a eu un temps pour voisin Nicolas Sarkozy, durant la courte période du début de sa présidence où il vivait encore aux côtés de Cécilia.

Des bâtiments non classés

Une harmonie ouatée qui s’est brisée il y a quelques semaines. Un courrier alarmiste d’un habitant du quartier diffusé dans les adresses des alentours évoquait la possible préemption des lieux par l’Etat en vue d’y installer des logements sociaux. Forcément, dans une ville qui ne compte que 5 % d‘habitations de ce type, l’inquiétude prédomine dans la perspective d’un éventuel chantier, de l’arrivée de nouveaux voisins voire d’une dépréciation du patrimoine immobilier suite à cette installation.

L’information était parfaitement fondée puisque le préfecture des Hauts-de-Seine a bien lancé une procédure sur cet hôtel particulier, à l’angle des rues Deleau et Charles Laffitte et la maison voisine, rue Laffitte, également propriété de Servier, où étaient reçus les invités. Dans un courrier du 24 novembre, le maire de Neuilly, Jean-Christophe Fromantin explique que «ces maisons n’entrent dans aucun classement architectural» et ne bénéficient «d’aucun avantage patrimonial qui nous permettrait de nous opposer au projet de l’Etat.» Dans ces conditions, il souligne que sa priorité sera «de récupérer la maîtrise du projet» (voir ci-dessous).

Lettre de Jean-Christophe Fromantin du 24 novembre

Les choses n’ont pas traîné puisque par arrêté du 10 décembre (voir le document ici), la préfecture des Hauts-de-Seine confie à la Société d’économie mixte de Neuilly (Semine) la gestion du projet. Selon le maire, le permis de construire devrait être déposé au courant du second semestre 2016 avec un début des travaux en 2017, en l’absence de recours. «Les opérations de ce type sont difficiles à monter à Neuilly-sur-Seine, explique l’élu, car il faut s’assurer qu’elles sont économiquement viables entre le coût d’acquisition, de démolition et de construction.»

Dans ce cas précis, la parcelle devrait accueillir sur 3 ou 4 étages, une trentaine de logements sociaux, d’assez grande surface, de 40 à 60m². «La loi SRU est mal rédigée et ne donne aux communes qu’une obligation en matière de nombre de logements, précise le maire. Si je ne cherchais pas à maintenir sur place des familles et améliorer plutôt mes statistiques, je pourrais proposer bien plus de très petits logements.»

Régulièrement raillé comme le dernier de la classe en matière de logement social, le maire de Neuilly-sur-Seine a affûté ses arguments en la matière. «Avec nos 5% de logements sociaux, nous faisons mieux que des arrondissements parisiens tels que le 7e ou le 16e, rappelle-t-il. Et l’Etat qui passe son temps à nous donner des leçons sur le parc social dispose sur notre commune de près de 900 logements, via la Caisse des Dépôts. Or parmi eux, seuls 19 sont conventionnés!» Selon lui, l’Etat propriétaire préfère continuer à encaisser de confortables loyers.

Les courts de tennis ne sont pas menacés

Preuve d’une bonne volonté assez récente, la commune la plus chère d’Ile-de-France a inauguré une centaine de logements sociaux sur l’île de la Jatte et s’apprêter à en reconstruire totalement 200 sur l’avenue Charles-de-Gaulle. Pas question, en revanche, d’en installer sur la parcelle de 6000 m² du tennis-club de Saint-James, propriété de la ville depuis 2006. «Ce terrain a vocation à rester sportif et accueillera à l’avenir un terrain de grand jeu (football, rugby, etc) en surface et des courts couverts en sous-sol, explique Jean-Christophe Fromantin. Reste une parcelle contigüe de 2000 m², rpropriété du Centre d’action sociale de la Ville de Paris où nous sommes prêts à construire des logements sociaux, notamment à destination des personnes âgées.» Il est vrai qu’avec un objectif de 25% de logements sociaux, la route est encore longue.

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • dotcom1 il y a 12 mois

    Pourquoi ne donne-t-on jamais les loyers au m2 de ces soi-disant logement sociaux des beaux quartiers? On verait qu'ils ne sont en rien abordable pour les pauvres.

  • M1961G il y a 12 mois

    hollande mettera ses amis dans ces logements pour pas cher . certains occupent des logements sociaux , alors qu'ils n'ont rien à y faire . il faut contrôler les revenus des français qui occupent ces logements et les virer lorsqu'ils ne répondent plus à certains critères .que fait hollande !!!!!!

  • M4358281 il y a 12 mois

    les voisins vont y gagner au change ..! lol

  • M1168313 il y a 12 mois

    la soviétisation de l'économie se poursuit.. Le rêve socialiste, des HLM partout, des pauvres partout, les riches qui s'en vont, se matérialise chaque jour davantage.. Paris est la seule ville occidentale avec un communiste en charge du logement.

  • nardos31 il y a 12 mois

    J'attends de connaître le nom des HEUREUX occupants ...... on ne change pas UN SYSTEME!

  • c.voyant il y a 12 mois

    logements sociaux, d’assez grande surface, de 40 à 60m², ils se moquent la plus par des HLM ont des surfaces bien plus grandes.