A Naples, le pape demande aux mafieux de se repentir

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(Visite du pape dans une prison, dernier para) NAPLES, 21 mars (Reuters) - Le pape François a appelé samedi les membres de la Camorra, la mafia napolitaine, à renoncer aux crimes, aux violences et à "sécher les larmes des mères de Naples", lors d'une visite dans l'un des quartiers les plus violents de la ville gangrené par le trafic de drogue. Le souverain pontife s'est rendu dans le quartier de Scampia et a visité un projet immobilier laissé à l'abandon connu sous le nom de Le Vele, endroit si dangereux que la police hésite parfois à y pénétrer. Le pape s'est adressé aux habitants de ce quartier défavorisé et les a appelés à ne pas se laisser voler l'espoir d'une vie meilleure par les bandes rivales qui s'affrontent régulièrement pour le contrôle du trafic de drogue et des activités de racket. A Scampia, où le chômage dépasse 40%, il a écouté les témoignages d'une immigrante philippine et d'un Italien sans emploi qui lui ont fait part de leurs difficultés. Il a aussi discuté avec un magistrat qui lui a parlé "de la délinquance juvénile, du désespoir et de la mort" dans cette partie de la ville. Le Saint-Père s'est ensuite rendu dans le centre de Naples où il a célébré une messe et a demandé aux Napolitains "de réagir fermement face aux organisations qui exploitent et corrompent la jeunesse, qui exploitent les faibles et les pauvres avec cynisme". "Aux criminels et à tous leurs complices, je vous répète aujourd'hui humblement en tant que frère: convertissez-vous à l'amour et à la justice. Il est possible de retrouver l'honnêteté. Les larmes des mères de Naples vous le demandent", a-t-il lancé. François a rappelé que les membres du crime organisé s'excommuniaient eux-mêmes de l'Eglise catholique mais, a-t-il ajouté, ils seront les bienvenus s'ils se repentent. "Il y a tant de corruption dans le monde ! J'ai l'espoir que vous ayez le courage de nettoyer cette ville et de nettoyer cette société afin de la débarrasser de la puanteur de la corruption", a-t-il dit. Le pape s'exprimait au lendemain de la démission du ministre italien des Transports, Maurizio Lupi, visé par une enquête pour corruption dans l'attribution de marchés publics. Lupi dément toute infraction. Après la messe, François s'est rendu dans une prison de la ville où il a déjeuné avec une centaine de détenus, dont des transsexuels et des malades du sida. (Philip Pullella; Pierre Sérisier et Guy Kerivel pour le service français)

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  • LeRaleur le samedi 21 mar 2015 à 22:31

    Sacré Papounet, tu nous feras toujours rire.