A Nantes, Montebourg dresse les contours de sa VIe République

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    par Guillaume Frouin 
    SAINT-HERBLAIN, Loire-Atlantique, 2 novembre (Reuters) - 
A rnaud Montebourg a dessiné mercredi les contours 
institutionnels de la "République nouvelle" s'il venait à être 
élu à l'Elysée en 2017, proposant notamment un "septennat non 
renouvelable" pour le président de la République. 
    "Nous sommes en élection permanente: maintenant, avec le 
quinquennat, tous les trois ans et demi, on recommence", a 
regretté l'ancien ministre du Redressement productif lors d'une 
réunion publique organisée à Saint-Herblain, près de Nantes, 
dans le cadre de la campagne en vue des primaires socialistes. 
"Je préfère un septennat non renouvelable, où on sait qu'il y 
aura une succession au bout de sept ans." 
    L'ancien ministre de l'Economie propose aussi de créer une 
"interpellation ministérielle" qui permette de "destituer un 
ministre quand il est contesté", dès lors qu'elle réunit "une 
majorité qualifiée". "Cela augmente la responsabilité des 
ministres, et fait en sorte qu'ils rendent réellement des 
comptes au Parlement", a-t-il déclaré devant 250 militants et 
sympathisants socialistes. 
    L'ex-député de Saône-et-Loire souhaite aussi confier le 
pouvoir de nomination aux ministres et non plus au président de 
la République, pour mettre fin à "l'esprit de courtisanerie". 
    "Plus vous nommez de façon arbitraire et sans aucun 
contrôle, plus les erreurs de casting se multiplient à la tête 
des entreprises publiques et de la haute administration", a-t-il 
dit. 
    Arnaud Montebourg veut imposer la "démission obligatoire" 
des directeurs d'administrations centrales, en cas de nomination 
d'un nouveau ministre, "pour que la haute administration soit 
dévouée à la loyauté de celui qu'elle est censée servir". 
     
    LA FINANCE N'EST "PAS EN SOI UN ADVERSAIRE" 
    Sur le plan économique, il a réitéré son souhait de "mettre 
fin à la politique d'austérité", grâce à un "programme de 
redécollage économique". 
    "La finance n'est pas pour moi en soi un adversaire", a-t-il 
déclaré, en écho à ceux de François Hollande lors de son 
discours du Bourget en 2012. "La finance, c'est comme dans le 
cholestérol: il y en a une bonne et une mauvaise. La bonne, on 
en a besoin pour financer notre économie; la mauvaise, il faut 
la combattre, la réduire et même la réglementer." 
    Arnaud Montebourg en a profité pour s'ériger en héritier de 
l'ancien président de la République François Mitterrand, dont 
vient d'être célébré le centenaire de la naissance. 
    "Il a montré qu'il est possible de transformer au quotidien 
la vie des Français, changer une partie de la vie et surtout il 
a légué la méthode, qui nous est précieuse aujourd'hui", a 
estimé l'ex-député. "Il a imaginé que rien ne pouvait se faire 
sans l'union des forces de la gauche." 
    Arnaud Montebourg a ainsi rappelé les "résultats hors du 
commun" et les "solutions originales pour résoudre les problèmes 
quoditiens de nos compatriotes" qu'avait trouvées le 
gouvernement de "gauche plurielle" de Lionel Jospin (1997-2002), 
où "cohabitaient le ministre communiste Jean-Claude Gayssot avec 
Dominique Strauss-Kahn, et une ministre Vert Dominique Voynet 
avec Jean-Pierre Chevènement". 
    L'ancien ministre n'a toutefois pas caché redouter que la 
gauche de 2017 soit "balayée par un 21 avril 2002 répété et 
peut-être amplifié puissance 10", quand le même Lionel Jospin 
avait été devancé par Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen (FN) 
au premier tour de l'élection présidentielle.  
 
 (édité par Jean-Stéphane Brosse) 
 
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