A Nantes, le "tabou" de la fermeture dominicale est brisé

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NANTES, 10 décembre (Reuters) - Nantes, dernière grande ville de France à s'opposer systématiquement à l'ouverture des magasins le dimanche dans le centre-ville, s'apprête à accepter les demandes de dérogation des commerçants en plein débat sur la loi Macron. La nouvelle maire PS Johanna Rolland a brisé un "tabou" imposé depuis des années par son prédécesseur Jean-Marc Ayrault en conditionnant ces dérogations à la signature d'un accord entre le patronat et les syndicats de salariés et à la fermeture des galeries marchandes du reste de l'agglomération. Un "accord territorial" a ainsi été trouvé le 13 novembre entre le Medef, l'Unsa, la CFDT et les deux associations de commerçants du centre-ville de Nantes. Les trois syndicats non-signataires - la CFTC, Force ouvrière et la CGT - ont tenté de le faire annuler en référé, mais la justice les a déboutés. "Un accord négocié par la voie du dialogue social par des organisations responsables et qui s'engagent aux côtés des salariés vaut mieux qu'une opposition stérile et dogmatique", justifient les syndicats signataires, qui rappellent "leur total refus de voir banaliser le travail du dimanche". Selon le projet de loi présenté mercredi par le ministre de l'Economie Emmanuel Macron, les maires pourront autoriser les commerces à ouvrir jusqu'à douze dimanches par an au lieu de cinq actuellement. Le principe du volontariat et d'une compensation salariale seront inscrits dans la Du temps où il était maire de Nantes et président de la communauté urbaine, l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault faisait lui voter chaque année un "v½u" aux 24 maires de son agglomération, pour que tous refusent ces ouvertures. Cette année, la CFTC a annoncé son intention de déposer un préavis de grève pour les dimanches après-midi 14 et 21 décembre, les deux seuls créneaux autorisés par la mairie de Nantes, pour couvrir les salariés soumis à ce "Service du Travail Obligatoire", selon le syndicat. "On appelle les salariés concernés à venir nous voir, pour savoir comment eux peuvent faire pour ne pas aller travailler", explique Sébastien Alix, président de l'union départementale CFTC. "On les défendra aussi, s'il y a des mesures disciplinaires ou de rétorsion qui sont prises à leur encontre." Des tracts vont également être distribués dimanche dans les rues par les opposants à l'ouverture dominicale des magasins. "Nous voulons prévenir les usagers et les salariés du centre-ville que le travail le dimanche, ça va être la fin de la tranquillité", explique Sébastien Alix. (Guillaume Frouin, édité par Yves Clarisse)

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  • Pathor le mercredi 10 déc 2014 à 17:46

    La dictature gauchiste à l'oeuvre, interdit de ceci, interdit de cela... et si on demandait l'avis des Francais par référendum !

  • dotcom1 le mercredi 10 déc 2014 à 17:33

    Ils ont osé