À Montreuil, cet immeuble soigne la qualité de l'air pour ses occupants

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En plein pic de pollution, Le Figaro immobilier vous fait découvrir un immeuble écolo en région parisienne qui combine performance énergétique et qualité de l’air intérieur. Explications.

À peine quelques jours avant le pic de pollution qui touche la capitale, la ministre du logement Emmanuelle Cosse avait décidé de parler de la qualité de l’air dans les logements. Et pour ce faire, elle avait opté pour un petit immeuble de 17 logements sociaux dans la rue Girard, à Montreuil, fraîchement inauguré. «C’est un exemple parfait, résume la ministre: un bâtiment passif, à ossature bois, installé dans un milieu urbain très dense et qui apporte un confort incomparable à ses occupants. C’est le confort du bois, d’un air de qualité et aussi, puisque l’on est dans du logement social, la bouffée d’oxygène qu’on peut apporter aux occupants grâce aux charges réduites de ce genre d’immeuble.

Alors comment cette résidence de 17 appartements de 29 à 94 m² réalisée pour le compte d’Osica (une entreprise sociale pour l’habitat rattaché au groupe SNI, 1er bailleur de France) parvient-elle à combiner toutes ces qualités? Il s’agit avant tout d’un bâtiment construit selon la norme européenne (d’origine allemande) Passivhaus qui exige une isolation très poussée des bâtiments testée sur place, contrairement à d’autres normes s’appuyant sur des valeurs théoriques. Sur la base de cette enveloppe très performante (isolation des murs, membrane sur le toit pour éviter la surchauffe, triple vitrage...), une ventilation double flux gère la circulation de l’air et peu récupérer la chaleur de l’air extrait pour le souffler dans les pièces. Résultat: il n’y a pas de chauffage dans les pièces (hormis les sèche-serviette), juste l’équivalent d’une petite chaudière individuelle pour l’ensemble de l’immeuble qui permet de faire varier la température de quelques degrés (de 18 à 21°C).

Minimiser les composés organiques volatils (COV)

«On a parfois raillé les bâtiments passifs comme étant des bouteilles Thermos sans fenêtres, alors que nous avons ici 20% de surfaces vitrées, explique l’architecte des lieux Stéphane Cochet ,du cabinet A003 Architectes. Quant à la ventilation double flux centralisée c’est un très bon système mais il est trop souvent mal mis en œuvre.» C’est justement cette technique qui permet un bon renouvellement de l’air et un air purifié par un système de filtres. Et le fait que cette ventilation soit centralisée permet au gardien de l’immeuble de l’entretenir facilement car il n’y a que les filtres à changement. «Les ventilations classiques s’encrassent et les bouches devraient être nettoyées individuellement régulièrement, précise Stéphane Cochet, et en plus elles envoient de l’air froid.»

Mais s’il faut se préoccuper de filtrer la pollution extérieure, le choix des matériaux à l’intérieur des logements est vital, notamment pour éviter les dégagements de composés organiques volatils (COV) dans l’air intérieur. «Nous avons privilégié les matériaux naturels, de proximité et ils sont tous classés A+, c’est-à-dire avec les plus faibles émissions polluantes possible», précise l’architecte. Et pour compléter le tout, la végétalisation de la façade devrait améliorer le confort thermique d’été entre ombre et évapotranspiration des plantes qui rafraîchissent l’air sans oublier leur pouvoir dépolluant.

La mauvaise qualité de l’air coûte 19 milliards d’euros par an

Un gadget, toutes ces mesures pour mieux respirer? Pas vraiment. «On peut imputer à la qualité de l’air un coût sur la santé de 19 milliards d’euros par an», rappelle Joëlle Colosio, directrice régionale Ile-de-France de l’Ademe. De son côté, Andrée Buchmann présidente de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur ne peut qu’aller dans ce sens. Depuis 2001, elle se bat sur ce terrain et son observatoire scrute les performances d’une centaine de bâtiments. Elle note une amélioration globale de la situation, sauf sur un point préoccupant: l’humidité. «Les chantiers doivent être achevés de plus en plus rapidement, explique-t-elle ,si bien que le béton n’est souvent pas totalement sec à l’arrivée des occupants. Résultat: des moisissures et des problèmes à la clé aussi bien pour l’immeuble concerné que pour les habitants.»

Là encore l’immeuble de Montreuil n’est pas concerné par ces soucis d’humidité. Il a été préfabriqué et monté sur place en 2 mois par 5 personnes sans recours à du béton si ce n’est les fondations et l’escalier, eux aussi préfabriqués. Véritable laboratoire, cette construction sera suivie pendant trois ans grâce à des capteurs qui vont mesurer son comportement et ses performances énergétiques dans plusieurs logements. Et s’assurer au passage du bien-être des occupants et de la capacité à tenir l’objectif affiché de 1 euro de charges par mètre carré (incluant les consommations d’énergie, l’entretien et les réparations). Un objectif qui pourrait être atteint grâce à l’optique «low tech» retenue: aucun appareil sophistiqué mais un maximum de récupération: récupérateurs de chaleur des eaux usées, interrupteur général pour les appareils électriques ou branchement direct sur l’eau chaude pour les lave-vaisselle ou lave-linge.

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