À Madrid, le football amateur survit

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À Madrid, le football amateur survit
À Madrid, le football amateur survit

En mai 2014, le derbi madrileño de finale de Ligue des champions couronnait Madrid comme la capitale européenne du ballon rond. Une vérité qui ne s'applique qu'au football professionnel, tant les petits clubs peinent à survivre aux privatisations de leurs terrains. État des lieux dans une ville où le ballon ne tourne plus très rond.

Le Los Angeles madrilène n'a rien d'hollywoodien. Quartier populaire du Sud de la capitale, il sépare le barrio de Vallecas des friches industrielles de Getafe. Une rapide balade dans ces dédales raconte une partie de l'immigration sud-américaine qui traverse l'Atlantique et illustre la crise économique qui frappe toujours de nombreuses strates de la population espagnole. À l'instar d'autres faubourgs de la périphérie de Madrid, le rayon de soleil de Los Angeles provient de son club de football. Depuis bientôt 14 ans, le C.D. Ciudad Los Angeles égaye les week-ends de certains habitants et leur rend un semblant de fierté. "Nous sommes un petit club de division régionale. Nous n'avons même pas d'équipe de jeunes, juste une équipe senior", présente Victor Lopez, président de l'entité. Depuis bientôt trois ans, les difficultés s'amoncellent devant son bureau : "Les prix pour pouvoir s'entraîner sont devenus exorbitants à Madrid. On ne peut rester qu'un jour par semaine ici, les autres séances sont programmées à Getafe." Pour sûr, en l'espace de sept kilomètres, les locations de terrain passent de 4000 euros l'année à 250. Ou comment l'ancienne mairie de Madrid a fait du football un sport de luxe.

Quand le financier prend le pas sur le social


La Puerta del Sol n'en garde plus aucune séquelle, a contrario des mémoires de Madrilènes. Car en ce 24 mai 2014, la place du cœur de la capitale espagnole se distingue par ses deux énormes maillots du Real et de l'Atlético pendants sur la façade du siège de la Communauté de Madrid. Un clin d'œil pour l'histoire - pour la première fois, deux clubs de la même ville se rencontrent en finale de C1 - qui prend des airs des plus ironiques pour de nombreux amoureux du ballon rond. Tandis que Merengues et Colchoneros se disputent le titre de meilleur fanion du continent, d'autres se battent pour leur survie. "Avant, tous les clubs de quartier avaient leur propre terrain. La mairie leur octroyait sans demander de contrepartie, présente Juan Garcia, journaliste du site Futmadrid. Mais à partir de 2003, la mairie a décidé de changer les règles." À la recherche de toujours plus de profits, le conseil municipal du PP alors mené par Alberto Ruiz-Gallardon - connu pour avoir récemment voulu changer la loi sur l'avortement - décide de faire du football amateur un business comme les autres. Dans les…


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